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Asthme : l’épithélium respiratoire joue un rôle majeur

Dans l’asthme sévère, l’épithélium bronchique orchestre l’activation des cellules dendritiques impliquées dans les mécanismes de l’immunité.

Dans les maladies respiratoires, l’épithélium bronchique joue un rôle clé car il est situé à l’interface entre l’environnement et l’hôte. Chez le malade asthmatique, on décrit beaucoup d’anomalies dans la morphologie de l’épithélium et dans son implication dans les mécanismes de l’immunité aussi bien adaptative qu’innée.

Les cellules épithéliales coopèrent avec celles de l’immunité comme les cellules dendritiques qui sont des sentinelles circulant sous l’épithélium et sont à l’affût de pathogènes présents dans la lumière bronchique. Elles captent ces agents nocifs pour les présenter au système immunitaire chargé de les mémoriser pour les reconnaître lors d’un autre passage.

Ces cellules dendritiques ont donc des relations très étroites avec l’épithélium. En partant du principe que l’épithélium est anormal dans l’asthme, et que ses relations avec les cellules dendritiques sont modifiées, une équipe de chercheurs marseillais s’est posée la question de savoir si un épithélium malade dans l’asthme suffit à changer le comportement des cellules dendritiques et a les empêcher de remplir leur rôle.

L’asthme, une maladie épithéliale

Ils ont réalisé une étude dans laquelle ils ont développé un modèle d’épithélium bronchique in vitro à partir de biopsies de patients asthmatiques et l’on mis en contact avec des cellules dendritiques fabriquées à partir de monocytes dérivés du sang de patients asthmatiques ou contrôles en bonne santé.

Quand l’épithélium provient de patients contrôles et qu’on le met en présence de cellules dendritiques contrôles, ces dernières interagissent en développant une réponse de type T1 (Th1) qui correspond à une réponse plutôt protectrice. En revanche, quand l’épithélium d’un asthmatique est confronté à des cellules dendritiques normales, la réponse est de type T2 (Th2), c’est-à-dire inflammatoire et agressive. Dans ce cas, les cellules dendritiques ne parviennent pas à parvenir à la maturation et à remplir leur rôle.

C’est donc l’épithélium qui décide du type de réponse, et le fait de mettre des cellules dendritiques normales en contact avec lui ne change pas son comportement. Les résultats de cette étude sont donc en faveur de l’hypothèse de l’asthme considéré comme une maladie épithéliale.

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