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Augmentation des complications de diverticules coliques avec les AINS et autres : une revue systématique et une méta-analyse

Introduction
Les diverticules coliques sont fréquemment retrouvés dans la population générale. Même si le risque global de complication est peu élevé, du fait de la fréquence de cette affection il s’agit d’une pathologie loin d’être rare. Il est classique d’interdire les anti-inflammatoires non stéroïdiens chez ces sujets, surtout après une première complication.

Méthode
Les auteurs ont revu toute la littérature afin de documenter l’association entre certaines prises médicamenteuses et le risque de complication diverticulaire, notamment perforation et hémorragie.

Résultats
Le risque de perforation diverticulaire serait augmenté par les corticoïdes (OR 9,08), et les AINS (OR 3,40). Il ne semble pas être influencé par l’aspirine. Il serait modérément augmenté par la prise de morphiniques. Il serait diminué par les inhibiteurs calciques (antihypertenseurs).
Le risque de saignement serait augmenté par les AINS (OR 2,69), et par l’aspirine (OR 3,24). Il ne serait pas augmenté par les anticoagulants oraux ni par les antiagrégants. Il serait augmenté par le paracétamol (OR 3,75) et par les inhibiteurs calciques (OR 2,50)…

111colon-hydrotherapyDiscussion
Cette revue de la littérature très complète met en évidence une association morbide avec les AINS, explicable par leur activité inhibitrice de la sécrétion des prostaglandines et leur action antiagrégante. Mais de façon surprenante elle montre aussi une action défavorable des inhibiteurs calciques et du paracétamol. Certains pensaient même que les inhibiteurs calciques pourraient améliorer l’évolution des malades atteints de diverticulose grâce à leur action relaxante des fibres musculaires lisses digestives…

En fait les résultats des études incluses dans cette méta-analyse sont très discutables : ce sont toutes des études rétrospectives, issues de peu de centres, ne décrivant pas la gravité des complications, ne prenant pas en compte les comorbidités et associations médicamenteuses, ne distinguant pas la première complication de la récidive.
D’ailleurs les auteurs concluent en ne donnent des consignes que vis-à-vis des AINS.

Commentaire
Pourquoi les auteurs eux-mêmes limitent-ils la portée des résultats trouvés ? Sont-ils si peu satisfaits de la qualité des études incluses ?
En fait la totalité de ces associations statistiques ne mériterait-elle pas d’être réévaluée ?
Un exemple récent pour une autre pathologie digestive nous y inciterait. En effet l’association entre AINS et maladies inflammatoires digestives a été remise en question par un travail récent sur des registres américains : sa significativité statistique n’aurait aucune incidence en pratique clinique (1).

Référence :
(1). Ananthakrishnan AN et al. Aspirin, nonsteroidal anti-inflammatory drug use, and risk for Crohn disease and ulcerative colitis: a cohort study. Ann Intern Med. 2012;156 :350-9
Retrouvez l’abstract en ligne

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