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Boire du petit lait (sic) pour réduire la glycémie postprandiale dans le DT2

Maîtriser la glycémie postprandiale (GPP) est un objectif majeur du traitement du DT2 qui contribue à l’équilibre glycémique et prévient les complications chroniques. En effet, en majorant la variabilité glycémique, le stress oxydatif, l’inflammation de bas grade et la dysfonction vasculaire, l’hyperglycémie PP est un facteur de risque indépendant de complications cardiovasculaires. Diverses mesures diététiques sont à même d’atténuer la GPP : diminution de la charge glycémique des repas en privilégiant les aliments à index glycémique bas, consommation de repas composés, apport suffisant en fibres… L’enrichissement en protéines du petit déjeuner (35 % de protéines pour 25 % de glucides) est une autre approche validée par quelques études interventionnelles. Parmi les protéines, celles du petit lait ou lactosérum (PLS) semblent particulièrement intéressantes pour réduire la GPP. Les PLS (20 % des protéines du lait), solubles, non polymérisées, riche en acides aminés et en biopeptides et d’absorption rapide ont des propriétés insulino-secrétagogues et majorent l’effet incrétine avec une diminution de la vidange gastrique, une moindre production hépatique de glucose et une augmentation de la satiété, bref un ensemble de phénomènes capables d’induire une réduction de la GPP.

L’objectif de cette nouvelle étude d’intervention diététique randomisée, croisée et en simple insu effectuée chez 11 sujets DT2 obèses a été d’explorer les effets de petites doses de PLS sur la GPP et l’appétit mesuré à l’aide d’une échelle analogique visuelle. L’expérimentation a consisté à faire ingérer sous une forme liquide immédiatement avant le petit déjeuner et le déjeuner, à 7 jours d’intervalle, soit un concentré de PLS intactes, soit un hydrolysat de PLS, soit un placebo. L’apport protéique était de 15 grammes et de 68 kcal. La glycémie était mesurée de façon continue tout au long du nycthémère. Que ce soit sous une forme intacte ou sous la forme d’un hydrolysat, l’ingestion de PLS est associée à une diminution de 13 ± 3 % de l’aire sous la courbe de la GPP au décours du petit déjeuner (p < 0,05 % par rapport aux témoins). Après le déjeuner, seul les LPS intactes ont encore un effet significatif sur la GPP (figure). Le sentiment de satiété (rassasiement, diminution de la faim et de l’intention prospective de s’alimenter) n’était augmenté qu’après l’ingestion de la forme intacte (p < 0,05). La sécrétion d’insuline était accrue et corrélée avec la concentration plasmatique des acides aminés insulinosécréteurs. En revanche, l’ingestion des LPS n’a pas eu d’effet significatif sur les taux d’incrétines (GLP1 et GIP) ou sur les taux des hormones impliquées dans la satiété (leptine, PYY). La prise alimentaire suivante (diner) n’a pas été influencée d’un point de quantitatif, pas plus que la GPP nocturne.

Une dose modérée de protéines du petit lait (15 g) ingérée immédiatement avant un repas améliore la GPP et stimule la sécrétion d’insuline. Cette étude est la première à démontrer un effet de la co-ingestion des PLS et d’un repas sur la satiété chez des sujets diabétiques au prix toutefois d’un apport énergétique supplémentaire. Auparavant, des expérimentations chez l’animal avaient montré que l’effet satiétogène persistait lors d’une administration isocalorique des LPS. Il reste à prouver que les protéines rapides du petit lait gardent tout leur intérêt lorsqu’elles sont ingérées de façon plus physiologique au cours même du repas. Mais ne faisons pas trop la fine bouche et délectons-nous de ces résultats tant les études nutritionnelles interventionnelles bien conduites sont rares….


Figure. Variation des glycémies postprandiales après l’ingestion de 15 g de protéines du petit lait sous une forme intacte (en vert), sous forme d’un hydrolysat (en rouge) ou après l’ingestion d’un placebo (en bleu).

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