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Cancer bronchique : pas de dépistage sans sevrage tabagique

De nouvelles données permettent de faire la part de l’effet du dépistage du cancer du poumon par scanner et de celui du sevrage tabagique : les deux s’additionnent mais un dépistage sans sevrage n’aurait pas de sens.

L’arrêt d’un tabagisme depuis 15 ans associé à un dépistage par scanner thoracique à faible dose réduit la mortalité par cancer bronchique de 38 %. C’est le résultat principal d’une nouvelle analyse de l’étude NLST (National Lung Screening Trial) qui vient d’être publiée.

Rappel des faits : NLST est la grande étude Nord-américaine dont les résultats publiés en 2011 ont fait sensation puisqu’ils montraient pour la première fois qu’un dépistage par le scanner thoracique entraînait une baisse de la mortalité par cancer du poumon de 20 % et de la mortalité globale de 6 %. Près de 54 000 personnes âgées de 55 à 74 ans ont été incluses dans NLST. Elles devaient avoir un tabagisme d’au moins 30 paquets-années et, pour les anciens fumeurs, avoir arrêté au cours des 15 dernières années. Après randomisation, la moitié des participants a eu un scanner faible dose annuel pendant trois ans, l’autre moitié une radiographie thoracique et représentait donc le groupe contrôle, la radio n’ayant jamais montré d’efficacité dans le dépistage. La durée médiane du suivi a été de 6,5 années, le critère principal de l’étude étant la mortalité par cancer bronchique.

Réduction de mortalité de 38 %

Dans la nouvelle analyse de la cohorte de NLST qui vient d’être publiée, les auteurs ont distingué deux populations : 24 190 personnes fumaient au début de l’étude, 26 073 étaient d’anciens fumeurs. Ils concluent que la combinaison de 15 ans de sevrage tabagique et du dépistage par scanner aboutit à une diminution du risque de mortalité par cancer du poumon de 38 %. Comparé à la réduction de 20 % obtenue avec le dépistage par scanner seul, le gain est important.
Par ailleurs chez les anciens fumeurs du groupe contrôle, ceux qui ont sept ans de sevrage tabagique ont une réduction de la mortalité de 20 %, soit le même gain qu’avec le dépistage par scanner thoracique.
Enfin, pour une année d’abstinence tabagique, le risque de mortalité est diminué de 6 % dans le bras contrôle et de 9 % dans le bras scanner.

Politique de sevrage associée au dépistage

Si l’on considère les personnes qui ont continué de fumer, le résultat est inverse : le risque de mortalité par cancer bronchique augmente de 10 % pour dix paquets-années.

A la fin de l’étude NLST qui avait duré trois ans se posait la question de la durée optimale du dépistage. Les nouveaux résultats qui viennent d’être publiés montrent que au bout de sept ans de sevrage tabagique, l’intérêt du dépistage par scanner thoracique diminue considérablement. Cette étude permet donc de faire la part de l’effet du dépistage et de celui du sevrage tabagique : les deux s’additionnent mais un dépistage sans sevrage tabagique n’a pas de sens. On ne peut donc pas concevoir un programme de dépistage du cancer bronchique par scanner thoracique sans politique de sevrage associée.

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