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Cancer et l´immunothérapie : la recherche progresse grâce aux réseaux sociaux

Une jeune femme portugaise de 28 ans souffrant d’une forme de cancer ovarien très agressif et fatal a pu avoir accès à une immunothérapie en découvrant son existence grâce à des discussions en ligne entre patientes.

Au départ, une jeune femme de 28 ans souffrant d’une forme agressive et fatale de cancer de l’ovaire se trouvait dans une impasse (thérapeutique). Diagnostiquée en 2011, cette malade a été traitée par de multiples chimiothérapies, radiothérapie et chirurgie, en vain, les tumeurs ré-émergent systématiquement : son cancer est, entre autres, chimiorésistant. Le récit de son parcours a été publié par le New York Times le 19 février 2018.

Les réseaux sociaux à la rescousse

Elle découvre au sein d’un groupe Yahoo constitué de femmes originaires de différents pays, mais souffrant de la même pathologie, que l’une d’elle a été traitée par immunothérapie.
Elle s’adresse alors à son cancérologu et lui demande d’essayer ce nouveau traitement, ayant par ailleurs révolutionné le traitement du cancer. Le médecin rétorquent que, dans ce cas, c’est hors de question puisque ces traitements spécifiques ne sauraient être efficaces sur le cancer de l’ovaire. Habituellement ces immunothérapies n’agissent que sur certains cancers porteurs d’un biomarqueur PD1/PDL1 sur les cellules cancéreuses. Pourtant, dans certains cas, les immunothérapies fonctionnent, même s’il n’y a pas de PD1/PDL1.

Expliquer l’exception

En effet, il existe de « bizarres » exceptions : d’après les scientifiques, un cancer dermatologique singulier nommé carcinome à cellules de Merkel a répondu à l’immunothérapie. Comme ce cancer est d’origine virale, les chercheurs ont supposé que c’est l’infection en elle-même qui a attiré l’attention du système immunitaire.

Par ailleurs, le mésothéliome a également répondu à une immunothérapie, ainsi que certains cancers rénaux, sans que personne ne sache pourquoi. L’hypothèse réside pour le mésothéliome, dans le fait que c’est une tumeur très inflammatoire, au sein de laquelle on retrouve de nombreuses cellules immunitaires.

Ainsi, 4 femmes souffrant de ce cancer ont créé un groupe Yahoo restreint au sein duquel elles s’échangeaient actualités et tuyaux quant à leur pathologie commune. Un médecin, le docteur Levine a demandé à faire partie de ce dernier. Il y a découvert des patientes ayant convaincu des médecins de les soigner avec des traitements immunothérapeutiques, sans qu’il y ait aucune raison de penser que cela fonctionnerait.

Happy ending

En 2015, la jeune femme portugaise réussit à convaincre un médecin de la traiter par immunothérapie (nivolumab). Ce dernier prescrit le traitement, un peu en désespoir de cause, et immédiatement ses tumeurs régressent et ce, tant qu’elle poursuit son traitement, à tel point qu’elle ne présente actuellement plus de trace de la maladie.

Après coup, les médecins estiment qu’ils n’ont pas encore établi d’explication quant au fait que certaines tumeurs soient reconnues ou pas par le système immunitaire et qu’il s’avère nécessaire d’étudier les personnes présentant un système biologique dont le fonctionnement est moins conventionnel.

Un groupe de 4 femmes ne constitue pas un essai clinique mais leur expérience et l’importance des résultats obtenus peut légitimement amener à approfondr les recherches. Leur cancer, ovarien à petites cellules hypercalcémique, survient typiquement chez les femmes adolescentes ou dans la vingtaine. Sa forme est si rare que la plupart des oncologistes ne voit jamais un seul malade.

La rareté de ce cancer a donc été vaincue par des échanges sur réseaux sociaux entre 4 patientes du monde entier : entendues par un médecin, leur histoire a permis de mettre en place un vrai protocole en vue de valider l’indication.

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