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Démences : certains anticholinergiques augmentent le risque à long terme

Certains anticholinergiques antiparkinsoniens et indiqués en urologie contre l’incontinence urinaire sont associés à une augmentation du risque de démence jusqu’à vingt ans après leur utilisation. L’association est modeste mais robuste. Ces résultats sont parus dans le BMJ.

Une étude parue dans le BMJ montre que les anticholinergiques indiqués en urologie et dans la maladie de Parkinson augmentent le risque de démence à long terme avec une association qui persiste au moins vingt ans après l’exposition à ces médicaments. Par contre, aucune association n’a été retrouvée pour ceux indiqués contre les troubles gastro-intestinaux et cardiovasculaires.
Il s’agirait donc d’un effet classe mais les mécanismes restent à clarifier. Cette association est néanmoins modeste puisque ces anticholinergiques augmentent d’environ 10% le risque relatif de démence.
Ainsi, 35% des participants atteints de démence avaient reçu au moins un anticholinergique de classe 3 dans les vingt ans précédant le diagnostic de démence contre 30% des témoins.
Ces observations sont issues de l’analyse de plus de 300.000 dossiers patients dont 40.770 personnes âgées de 65 à 99 ans présentant une démence et appariés pour l’âge et le sexe à sept témoins non déments, soit au total 283.993 témoins. Les chercheurs ont pris en compte plusieurs types d’anticholinergiques utilisés dans les 4 à 20 ans avant le diagnostic de démence.
Au final, si environ dix des sujets sur cent âgés de 65 à 70 ans développent une démence dans les quinze ans qui suivent, l’utilisation d’anticholinergiques augmentera leur nombre de une à trois personnes.

Référence :
Kathryn Richardson et al.
Anticholinergic drugs and risk of dementia: case-control study
BMJ 2018 ; 361:k1315
[Retrouvez l’abstract en ligne]

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