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Départ en vacances : pourquoi les automobilistes ne dorment pas assez

79% des automobilistes qui partent en vacances se lèvent plus tôt que d’habitude le jour du départ, et 23% se couchent plus tard la veille, selon une nouvelle étude de l’IFOP. 1 accident mortel sur 3 est du à la somnolence sur les autoroutes. 

D’après une étude en ligne réalisée par l’IFOP, dévoilée pour Le Parisien, 79% des automobilistes qui partent en vacances se lèvent plus tôt que d’habitude le jour du départ, et 23% se couchent plus tard la veille. Pire encore, 73% reconnaissent avoir déjà conduit plus de deux heures sans faire de pause, 30% étant impatients d’arriver et 23% visant une heure précise.

“Les conducteurs se couchent plus tard pour préparer leur itinéraire et boucler leurs valises et ont tendance à mettre le réveil plus tôt pour éviter les bouchons et la chaleur, analyse dans Le ParisienCécile Léchère, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA. Sachant que la majorité des vacanciers va parcourir plus de 500 km en voiture, cette dette de sommeil, additionnée à la monotonie du trajet sur autoroute, est un cocktail parfait pour s’endormir.”

1 accident mortel sur 3

Après 24 heures de veille active, un conducteur a le même comportement qu’une personne ayant un taux de 1 gramme d’alcool dans le sang. 1 accident mortel sur 3 est du à la somnolence sur les autoroutes, ce qui en fait la première cause d’accident mortel sur ces axes (26%) au cours des cinq dernières années. Tous les ans, 90 000 accidents sont dus à la somnolence.

“Dès les premiers signes de somnolence, le conducteur doit s’arrêter parce que les risques d’avoir un accident dans la demi-heure qui suit sont multipliés par trois ou quatre”, estime sur le site de la sécurité routière le professeur Damien Léger, président du conseil scientifique de l’Institut national du sommeil et de la vigilance. Pour casser le cycle d’endormissement, la seule solution est de s’arrêter sur une aire pour se reposer. Ouvrir la fenêtre, fumer ou monter le son de l’autoradio est inefficace.

Rythmes biologiques

La somnolence peut intervenir de façon plus importante entre 2 heures et 5 heures du matin, et entre 13 heures et 15 heures. Cela est du aux rythmes biologiques, dits “circadiens”, qui régulent l’alternance veille et sommeil sur 24 heures. Peuvent aussi aggraver la somnolence au volant : les troubles du sommeil comme l’apnée, certains médicament, l’alcool, la drogue, un rythme de vie irrégulier, un repas trop copieux, la chaleur ou le froid excessif dans la voiture et une aération insuffisante du véhicule.

“Il y a trois façons d’être somnolent au volant. La première est de manquer de sommeil : c’est la conduite nocturne, la dette de sommeil. Les sujets jeunes sont les plus exposés, puisqu’un conducteur concerné sur deux a moins de 25 ans. La deuxième catégorie, ce sont les personnes qui souffrent de maladie du sommeil, en particulier le syndrome d’apnée du sommeil qui concerne surtout les hommes de 50 ans. Enfin, la troisième catégorie sont les personnes qui prennent des médicaments qui agissent sur le cerveau, par exemple des somnifères, des anxiolitiques ou des antidépresseurs qui peuvent provoquer des somnolences”, détaille le professeur Pierre Philip, spécialiste du sommeil. Selon l’ONISR, 3 693 personnes ont perdu la vie sur les routes de France en 2017.

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