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Des recommandations pour un bon usage de la mélatonine

Le Figaro fait savoir que « les ventes [de mélatonine] ayant explosé depuis 5 ans, la Société de recherche en médecine du sommeil fait pour la première fois le point sur l’efficacité de cette substance ».
Le journal observe en effet que « présentée – à tort — comme un «médicament miracle» et parée de toutes les vertus, la mélatonine a rempli les rayons des pharmacies dès son lancement dans les années 1990. Elle y est toujours vendue sans ordonnance sous la forme d’un complément alimentaire ou sur prescription médicale au-delà de 2 mg ».
« Mais «l’hormone de la nuit» a été plus ou moins boudée par la recherche. Les rares études menées pour mesurer son efficacité ont montré qu’elle peut améliorer le sommeil dans des situations particulières, à condition de respecter une heure de prise et un dosage précis », 
souligne le quotidien.
Le Pr Carmen Schröder, pédopsychiatre et spécialiste du sommeil au CHU de Strasbourg, remarque ainsi que « les résultats de ces recherches sont méconnus et une certaine anarchie règne dans la consommation de cette substance naturelle ».
Le Figaro indique que « c’est ce constat qui a conduit la Société française de recherche et médecine du sommeil (SFRMS) à mettre au point des recommandations, les premières en France, sur la prescription de mélatonine. Le travail vient d’être présenté au Congrès du sommeil à Marseille et sera publié dans les mois à venir ».
Le Pr Schröder, qui a piloté ce travail, souligne que « l’objectif était d’abord de rappeler son mode d’action sur l’horloge biologique afin de limiter les mésusages. Les médecins sont finalement peu formés aux rythmes circadiens pendant leurs études ».
Le Figaro rappelle donc que « le rôle de la mélatonine, produite par une glande située à l’arrière du cerveau, est de préparer le corps humain au sommeil. Sa sécrétion débute quand la lumière décline et se prolonge tout au long de la nuit, avec un pic vers 3 heures du matin. Un passage en «mode veille» qui entraîne une série de changements dans l’organisme, dont une baisse de la température corporelle, du taux de cortisol et de la pression sanguine ».
Bruno Claustrat, chercheur « qui a passé 30 ans à étudier ses effets », précise qu’« elle produit un léger effet soporifique immédiatement après la prise, si la dose est importante (de 2 à 5 mg)».
Le quotidien retient que « l’intérêt principal de cette hormone est dû à son action de reprogrammation de l’horloge biologique, qui en fait une parade efficace contre le retard de phase de sommeil. Sont concernés tous les « couche-tard » qui, pour des raisons génétiques ou conjoncturelles, subissent dans la journée les effets indésirables de leur décalage – fatigue, irritabilité, absentéisme, etc. Sans oublier ceux qui pâtissent régulièrement des décalages horaires ».
« Selon la société savante, la mélatonine peut ainsi être indiquée à l’adolescence, une période où le rythme physiologique se déplace naturellement vers le soir », 
note le journal.
Le Pr Schröder indique qu’« un traitement peut être envisagé si le manque de sommeil a des répercussions graves à l’école ou en famille. Il faut alors la prendre deux à quatre heures avant de se coucher, à une dose inférieure à 1 mg et en libération immédiate ».
Le Figaro précise qu’« avant ce recours à l’ordonnance, des approches comportementales doivent être proposées, dont la suppression des écrans en deuxième partie de soirée, la relaxation et les rituels du soir ».
Le quotidien ajoute que « les effets de l’hormone sur l’insomnie du quotidien se sont avérés moins probants. La Haute Autorité de santé juge «modeste» l’efficacité du Circadin, seul médicament contenant de la mélatonine (2 mg) à libération prolongée. La SFRMS, elle, tranche en sa faveur, notamment chez les personnes âgées de plus de 55 ans ».
Le Dr Marie-Françoise Vecchierini, neurologue au Centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu (Paris), indique que « plusieurs études montrent que ce traitement réduit le temps avant l’endormissement et améliore la qualité subjective du sommeil ». Le Figaro relève que « le groupe d’experts la recommande aussi en cas de démence, notamment d’Alzheimer, en l’associant à une luminothérapie ».
Le journal remarque enfin que « la mélatonine a peu d’effets secondaires (essentiellement des céphalées) et n’entraîne ni accoutumance ni syndrome de sevrage », Bruno Claustrat précisant cependant qu’« elle peut entrer en interaction avec d’autres médicaments, comme les antidépresseurs et les anticoagulants, et provoquer des réactions inattendues ».

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