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Diabète de type 2 : réduction de 30% du risque d’insuffisance rénale

Un médicament, pourtant refusé au remboursement en France par la HAS, réduit d’un tiers le risque d’insuffisance rénale chez les personnes souffrant d’un diabète de type 2 et de néphropathie. Un essai qui fera date.

La canagliflozine, un inhibiteur du SGLT2, réduit de 30% la vitesse de dégradation de la fonction rénale chez les diabétiques de type 2 avec une néphropathie. Elle est également capable de réduire de 20 à 30% le risque d’événements cardiovasculaires majeurs et les décès, tout cela avec un seul comprimé à prendre par jour.

L’étude CREDENCE sur le bénéfice de la canagliflozine dans le diabète de type 2 avec néphropathie est publié dans le New England Journal of Medicine et a été présenté à l’International Society of Nephrology’s World Congress of Nephrology, à Melbourne.

La néphropathie diabétique

Les personnes souffrant de diabète sont particulièrement à risque de maladie rénale en raison de l’hyperglycémie prolongée, et de l’hypertension artérielle fréquemment associée, qui se conjuguent pour léser les vaisseaux sanguins du rein.

Le contrôle strict de la glycémie et de l’hypertension artérielle, ainsi que le blocage du système rénine-angiotensine (SRA) constituent la stratégie recommandée pour prévenir la détérioration de la fonction rénale chez les patients diabétiques. Bien que le blocage du SRA abaisse la tension artérielle et retarde la progression de l’insuffisance rénale, les patients qui suivent ce traitement courent toujours un risque élevé d’insuffisance rénale et de maladie cardiovasculaire, ainsi que de décès dus à ces maladies.

Un essai sur 4 401 participants dans 34 pays

Les participants à l’essai (n=4401) qui étaient diabétiques de type 2 avec une néphropathie avérée (30 à 90 ml/min/1.73m2), ont reçu les traitements recommandés en cas d’insuffisance rénale, c’est-à-dire un bloqueur du système rénine-angiotensine-aldostérone, ou RAAS. Ils ont été randomisés entre, une prise quotidienne orale de canagliflozine, ou un placebo, un plus d’un bloqueur du SRA.

L’essai a été arrêté prématurément lors de l’analyse intermédiaire planifiée du fait du bénéfice majeur. En effet, les malades qui ont pris de la canagliflozine sont 30 % moins susceptibles que le groupe placebo de développer une insuffisance rénale ou de mourir d’insuffisance rénale ou de maladie cardiovasculaire. Le risque d’insuffisance rénale ou de décès par insuffisance rénale est réduit de 34 %, et le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque ou décès de cause cardiaque est diminué de 31 %.

Un médicament contre la néphropathie diabétique

Les personnes souffrant de diabète et de néphropathie courent un risque extrêmement élevé d’insuffisance rénale, situation qui constitue un véritable tournant dans le cours évolutif de la maladie diabétique avec une augmentation majeure du risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de décès.

Au terme de 2.62 ans de suivi, la canagliflozine abaisse la glycémie et l’hémoglobine glyquée en favorisant l’excrétion du glucose par les reins. Elle a également une action indépendante de la glycémie via une réduction de la pression artérielle et du poids. Elle est déjà approuvée par la FDA aux USA et l’EMEA en Europe, pour abaisser la glycémie chez les patients atteints de diabète de type 2 et pour réduire le risque d’événements cardiovasculaires majeurs chez les patients atteints de diabète de type 2 et de cardiopathie existante. Certains analogues du GLP1 auraient également un effet positif sur la progression de la néphropathie diabétique, mais de moindre magnitude.

Une non-disposition spécifiquement Française

 « Pour la première fois en 18 ans, nous avons un traitement pour les patients souffrant de diabète de type 2 et d’insuffisance rénale chronique qui réduit l’insuffisance rénale », a déclaré le Dr Kenneth Mahaffey, professeur de médecine à la Stanford University School of Medicine et chercheur principal adjoint de l’essai. « Les patients diabétiques ont désormais une option prometteuse pour se prémunir contre l’un des risques les plus graves lié à leur maladie ». La tolérance a été excellente, sans risque d’amputation, mais avec un faible risque d’acidocétose à glycémie normale.

Avec ce résultat d’une étude de très bonne qualité, nous disposons en théorie d’un moyen très efficace de réduire le risque de progression de la néphropathie diabétique avec une seule prise quotidienne. En théorie seulement, car cette classe a été refusée au remboursement en France par la commission de transparence de la HAS au motif que ces molécules font courir des risques et « constituent une « perte de chance » pour les malades (en raison de quelques acidocétoses). Une position isolée au sein des pays développés et incompréhensible que la Société Francophone du Diabète récuse. Les « voies impénétrables » de l’administration française en pleine action…

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