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Douleurs neuropathique périphériques, espoir d’un traitement innovant

Interrogé par l’hebdomadaire, le Dr Didier Bouhassira, neurologue à l’hôpital Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt), revient sur ces douleurs« liées à des lésions qui touchent les nerfs périphériques » et dont « Les mécanismes qui les déclenchent sont différents de ceux des autres douleurs. ».
« Ce qui explique que les traitements médicaux conventionnels (anti-inflammatoires, aspirine) sont peu efficaces », précise Paris Match qui rappelle que « ces souffrances peuvent être dues à un diabète, un zona, un traumatisme, une opération chirurgicale... ».
A la question « Ne peut-on pas soulager ces patients avec des dérivés morphiniques ? », le neurologue répond que « pour agir sur ces douleurs, la morphine devrait être administrée à forte dose, pouvant conduire à de nombreux effets secondaires… ». Concernant « les causes » de ces douleurs, le neurologue parle de symptômes souvent « chroniques et intenses » avec des « sensations de brûlure, décharges électriques, picotements, fourmillements… », expliquant qu’elles peuvent durer de « quelques mois » à « plusieurs années ».
Le Dr Bouhassira parle d’une « considérable altération » de la qualité de vie des personnes touchées.
Côté traitement, le Dr Bouhassira explique qu’aujourd’hui, pour soulager ces douleurs on utilise « soit des antiépileptiques qui diminuent l’excitabilité des neurones », « soit des antidépresseurs qui agissent sur certaines régions cérébrales impliquées dans le contrôle de la douleur ». Mais ces traitements ne soulagent que « partiellement » les douleurs, « diminution de l’ordre de 30 à 50% chez moins de la moitié des patients, et au prix d’effets secondaires importants: vertiges, nausées, prise de poids avec les antiépileptiques; somnolence, sécheresse de la bouche, rétention urinaire, parfois problèmes cardiaques avec les antidépresseurs, rendant difficile l’administration de doses efficaces ».214249_large
Revenant sur le mécanisme d’action d’un nouveau concept qui pourrait, sans effets secondaires, soulager les douleurs liées à ces atteintes neuropathiques, le neurologue explique que « ce nouveau traitement s’appuie sur un concept développé par le Pr Bernard Roques, de la faculté de pharmacie de Paris. Nous savons que le cerveau fabrique des substances proches de la morphine, les endorphines, mais en trop petite quantité puis dégradées rapidement »
Le praticien précise que « le principe du traitement est de diminuer leur dégradation de façon à augmenter leur concentration et leur action. Ainsi, le patient bénéficie de ses défenses naturelles contre la douleur en quantité suffisante, tout en évitant les effets secondaires de la morphine synthétique », et indique que « l’étude chez l’homme réalisée sur des volontaires pour évaluer la tolérance, a confirmé l’absence d’effets secondaires ».
« Tous ces bons résultats ont conduit à mettre en route la phase II, avec une étude sur environ 200 patients franco-britanniques, tous atteints de diabète de type 2 et souffrant de douleurs neuropathiques périphériques », poursuit le Dr Bouhassira qui précise également qu’actuellement, en France, « plusieurs centres hospitaliers participent à l’étude ».
Le neurologue conclut enfin que « si les bons résultats obtenus chez l’animal se confirment chez l’homme, on peut imaginer l’élaboration d’une nouvelle famille de médicaments qui moduleront de façon encore plus efficace l’action des endorphines ».

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