Actu.médicalesNéphrologie

Durée, qualité du sommeil et risque de progression de la maladie rénale chronique

Il est maintenant bien établi que les troubles du sommeil sont associés à plus d’hypertension artérielle et à un risque accru de diabète. Ces 2 facteurs sont aussi associés à un risque de progression plus rapide de la maladie rénale chronique.
Le sommeil module le fonctionnement rénal et l’excrétion du sodium et du potassium. Le système rénine angiotensine a des variations nycthémérales qui sont altérées lors de troubles du sommeil.
La CRIC-Study est une étude prospective multicentrique, observationnelle, sur les facteurs de risques vasculaires et la progression de la MRC. L’Hispanic CRIC-Study inclut des patients hispaniques à Chicago. Dans ces 2 études, certains patients ont pu bénéficier d’une exploration des troubles du sommeil.

537 patients ont été inclus. Les critères d’inclusion de cette étude sont largement connus : DFG de 20 à 70 ml/min, âge de 21 à 74 ans. Les facteurs de progression ou de risque de décès à court terme sont exclus ainsi que les PKR.
Les patients ont porté un dispositif d’évaluation de l’activité (Actiwatch) pendant 5 à 7 jours, au moment de l’inclusion dans l’étude. Celui-ci donne des éléments sur la qualité du sommeil, mouvements, durée. Il a été validé contre la polysomnographie. Dans le même temps, 2 questionnaires (PSQI et ESS) sont remplis par les patients. L’ESS interroge sur le risque d’endormissement au cours de la journée.

Parmi les 537 inclus, 91 ont été exclus pour données insuffisantes ou MRC terminale avant la mise en place de l’appareil. L’âge moyen est de 60 ans, le DFG de 38 ml/min. La durée moyenne du sommeil est 6,5 heures.
La fragmentation du sommeil est de 21%. Celle-ci est associée à un risque plus élevé d’insuffisance rénale terminale. Une durée plus courte de sommeil est associée à une protéinurie plus élevée et à une progression plus rapide de la MRC (Figure 1).
Une durée de sommeil plus courte et un endormissement plus fréquent au cours de la journée objectivé par le score d’Epworth sont associés à un risque de mortalité plus élevé (figure 2).

Peu d’études ont été publiées sur la relation sommeil-progression de la MRC et elles sont discordantes. Les relations entre troubles du sommeil et comorbidités qui pourraient aggraver la MRC (HTA, diabète) sont connues dans la population générale. La relation avec la protéinurie n’est pas connue.
Cette étude ouvre la voie à d’autres sur la prise en charge de ces troubles et l’impact sur la progression. Elle nous incite surtout à prendre ce « nouveau » facteur de risque et le dépister précocement.

Figure 1 : relation entre qualité du sommeil et risque de progression de la MRC
Figure 2 : relation entre qualité du sommeil et risque de mortalité
Article commenté :
The Association of Sleep Duration and Quality with CKD Progression.
Ricardo AC, Knutson K, Chen J et al.
J Am Soc Nephrol. 2017 ; 28(12):3708-3715.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
X