Actu.médicalesUrgence

Embolie pulmonaire : doit-elle systématiquement être recherchée en cas de syncope ?

Une étude portant sur plus de 1,5 million de personnes issues de 4 pays différents révèle que chez les personnes se présentant aux urgences avec une syncope la prévalence de l’embolie pulmonaire atteint 1%, ne justifiant ainsi pas un dépistage systématique.

La syncope est un symptôme fréquent survenant chez une personne sur quatre au cours de la vie. L’embolie pulmonaire est depuis longtemps reconnue comme une cause importante de syncope. Plusieurs études prospectives ont déjà été menées afin d’évaluer la prévalence de l’embolie pulmonaire chez les personnes se présentant aux urgences avec une syncope mais sans outil algorithmique structuré.

En revanche, la récente étude PESIT visant à l’évaluer en utilisant un protocole de diagnostic standardisé basé sur un algorithme chez des patients hospitalisés après un premier épisode de syncope montre qu’elle atteint 17%.

Une étude de grande ampleur

Entre janvier 2000 et septembre 2016 une étude observationnelle rétrospective a analysé cinq bases de données de 4 pays différents : Canada, Danemark, Italie et Etats-Unis, afin d’établir la prévalence de l’embolie pulmonaire chez 1 671 944 adultes s’étant présentés aux urgences avec une syncope.

Les résultats, publiés dans le JAMA le 7 mars 2018 font état d’une variation de la prévalence de l’embolie pulmonaire allant de 0,06% à 0,55% chez tous les malades et de 0,15% à 2,10% chez ceux qui ont été hospitalisés. Quant à sa prévalence à 90 jours de suivi elle varie de 0,14% à 0,83% pour tous les patients e de 0,35% à 2,63% pour les malades hospitalisés. Concernant la prévalence de la thromboembolie veineuse à 90 jours, celle-ci varie de 0,30% à 1,37% pour tous les patients et de 0,75% à 3,86% pour les patients hospitalisés.

De manière générale cette étude montre que l’embolie pulmonaire est identifiée chez moins de 1% de tous les patients avec syncope et chez moins de 3% des patients hospitalisés avec syncope.

Un dépistage systématique n’est ni pertinent ni légitime

Les auteurs de l’étude concluent que l’embolie pulmonaire est rarement identifiée chez les patients présentant une syncope. Selon eux, bien que l’embolie pulmonaire doive être envisagée chez tous les patients et considérée comme un diagnostic différentiel, tous ne devraient pas en subir le dépistage systématique. Ils reconnaissent toutefois que les taux d’admission sont très hétérogènes et insistent par conséquent sur la pertinence d’avoir considéré les patients hospitalisés et non hospitalisés séparément afin d’augmenter la généralisation de leurs résultats.
Ils précisent par ailleurs ne pas avoir évalué l’influence de certaines caractéristiques du patient comme le sexe, l’âge, les comorbidités sur le diagnostic de la thromboembolie veineuse.

Selon eux, ces résultats n’encouragent pas à adopter un protocole de routine pour exclure l’embolie pulmonaire chez tous les patients se présentant aux urgences avec une syncope. Ils se justifient en s’appuyant sur l’exposition inutile aux radiations et le risque d’allergie aux produits de contraste, ainsi que sur l’importante part de tests faussement positifs comme le dosage des D-Dimères et les angiogrammes pulmonaires tomographiques entrainant des examens complémentaires et un surdiagnostic long et coûteux.

Bouton retour en haut de la page
X