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Epilepsie et dépression : une majoration réciproque des risques

Une étude récente publiée dans le Jama Neurology a montré que la dépression et l’épilepsie augmentaient réciproquement le risque de l’une et de l’autre. La question de la nature du lien, entre marqueur ou facteur de risque, reste cependant ouverte.

Une relation réciproque et bidirectionnelle existe entre l’épilepsie et la dépression. Suite à une dépression le risque (hasard ratio) de développer une épilepsie est de 2.55 (IC 95%, 2.49-2.60 ; P < 0.001). Celui de développer une dépression suite à une épilepsie est quant à lui de 2.04 (IC 95%, 1.97-2.09 ; P < 0.001). 

Une large étude prospective anglaise

Cette étude observationnelle prospective a analysée deux bases de données anglaises, l’une en médecine de soins primaires (The Health Improvement Network database) et l’autre composée de malades épileptiques (the Calgary Comprehensive Epilepsy Programme).
L’objectif principal était de déterminer le lien en termes de risque après avoir développé initiallement une épilepsie ou une dépression.
De plus l’étude a voulu regarder si la sévérité de la dépression avait un impact sur le risque d’épilepsie ainsi que sur le risque de rechute.
Au total 10 595 709 patients ont été identifiés dans la base de soin primaire dont 229 164 (2.2%) ont développé initiallement une dépression et 97 177 (0.9%) une épilepsie.

Sévérité de la dépression et risque de rechute

Les auteurs ont analysé le risque épileptique et de rechute à un an en fonction de la sévérité de la dépression qu’ils ont réparti selon 3 groupes selon3 modalités de traitement : suivi seul, antidépresseur seul, suivi et antidépresseur.
Le risque de développer une épilepsie est statistiquement lié à la sévérité de la dépression, de façon incrémentale, avec des Hazard ratios de 1.84 (IC 95%, 1.30-2.59 ; P < .001), 3.43 [IC 95%, 3.37-3.47 ; P < .001), et 9.85 (IC 95%, 5.74-16.90 ; P < .001), respectivement dans les 3 groupes.
De plus le risque de rechute a un an d’un épisode épileptique est supérieur chez les malades souffrant de dépression.

En pratique.

Cette étude est la première à objectiver sur une grande population ce lien entre dépression et épilepsie qui est discuté depuis longtemps. Elle ne permet cependant pas de trancher entre un lien de type marqueur ou facteur de risque. D’autres études sont nécessaires pour comprendre les mécanismes expliquant cette relation, même si des mécanismes sous-jacents communs peuvent être évoqués.

Dans la pratique, il est conseillé de dépister systématiquement un syndrome dépressif chez les malades souffrant d’épilepsie à l’aide de l’échelle Neurological Disorders Depression Inventory for Epilepsy NDDI-E afin de les traiter. La NDDI-E est un auto-questionnaire de 6 dont un score supérieur à 15 doit faire suspecter un épisode de dépression majeure.

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