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Et si l’activité physique ne protégeait finalement pas du risque de déclin cognitif ?

Une nouvelle étude de cohorte remet en cause le « dogme » selon lequel l’activité physique protégerait du risque de déclin cognitif, voire de démence. Des chercheurs anglais n’ont pas retrouvé d’association après 27 ans de suivi. Par contre le déclin cognitif s’accompagne d’une baisse d’activité physique. Ces travaux sont parus dans le BMJ.

Et si l’activité physique ne protégeait finalement pas du risque de déclin cognitif ? Si c’était juste ce dernier qui entrainait une baisse d’activité physique, faussant totalement les résultats présumant jusque-là l’effet inverse ?
C’est ce que suggèrent les résultats d’une étude anglaise parue dans le BMJ. Les auteurs n’ont en effet pas retrouvé d’effet neuroprotecteur pour l’activité physique dans une cohorte d’individus suivis pendant 27 ans en moyenne (Whitehall II).

Cette cohorte comprenait 10.308 participants âgés de 35 à 55 ans au moment de leur inclusion dans les années 85-88. Les auteurs ont évalué le temps passé à effectuer une activité faible, modérée ou importante à sept reprises au cours de ce suivi jusqu’en 2013 et ont considéré comme « recommandé » une activité modérée à importante pendant au moins deux heures et demie par semaine.
En parallèle, une batterie de tests cognitifs a été renouvelée jusqu’à quatre reprises entre 1997 et 2013 et les cas de démence avérée ont été répertoriés à partir des données d’hospitalisation, de service de santé mentale et de mortalité jusqu’en 2015.
Au final, leur analyse ne montre aucune association entre le niveau d’activité physique et le risque de déclin cognitif ou de démence. Les individus n’étaient pas plus vulnérables s’ils effectuaient moins que la durée hebdomadaire recommandée. Le risque de démence n’était pas non plus associé au niveau d’activité physique observé entre 28 ans et 10 ans avant le diagnostic.
En revanche, les auteurs ont constaté que le niveau d’activité physique commençait à décliner jusqu’à neuf ans avant le diagnostic (-0,39 heure/semaine) et encore plus au moment du diagnostic (-1 heure/semaine).

Référence :
Séverine Sabia et al.
Physical activity, cognitive decline, and risk of dementia: 28 year follow-up of Whitehall II cohort study.
BMJ 2017;357:j2709
[Retrouvez l’abstract en ligne]

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