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Faut-il vraiment dépister les dysthyroïdies chez tous les patients diabétiques ?

Le diabète et les dysfonctionnements thyroïdiens sont les deux maladies endocriniennes les plus courantes. La constatation d’un dysfonctionnement thyroïdien est fréquente au cours du diabète et intéresserait plus de 13 % des patients. La plus commune de ces anomalies est représentée par les hypothyroïdies infracliniques dont l’absence de prise en charge pourrait nuire au contrôle métabolique des patients et favoriser la survenue des complications cardiovasculaires. Ces constatations ont conduit à inscrire dans les recommandations de bonne pratique la nécessité d’un dépistage annuel d’une anomalie thyroïdienne chez les personnes diabétiques.

Cette étude a été menée entre 1997 et 1998 dans une cohorte de 730 sujets constituée de 618 patients diabétiques de type 2 (55 % d’hommes) et 112 patients diabétiques de type 1 (47 % d’hommes). Toutes ces personnes ont fait l’objet d’un dépistage d’une dysthyroïdie et les 639 participants dont la fonction thyroïdienne était initialement normale, ont été suivis de 1999 à 2006 avec la pratique annuelle de dosages hormonaux. Lors de ce suivi, une dysthyroïdie a été dépistée chez 21 des 119 patients diabétiques de type 1 (19 %) et chez 70 des 618 des patients diabétiques de type 2 (11 %). Ces anomalies thyroïdiennes étaient plus fréquentes au cours du diabète de type 1 (p = 0,04) et chez les femmes (p < 0,05). Le taux annuel moyen d’incidence d’une anomalie de ces tests était de 2,1 % et aucune différence d’incidence n’était notée entre diabète de type 1 et de type 2 (p = 0,39).

En accord avec les résultats des autres études, ces données confirment la forte prévalence des dysthyroïdies chez les patients diabétiques. Cependant, seuls 25 patients ont nécessité la mise en route d’un traitement parmi la cohorte des 639 patients suivis pendant 8 ans, ce qui correspond à une incidence inférieure à 0,5 % par an. Cette faible incidence des maladies thyroïdiennes justifiant un traitement pourrait remettre en cause la nécessité d’un dépistage annuel des anomalies thyroïdiennes, notamment chez les patients diabétiques de type 2.

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