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Gastroprotecteurs : les IPP efficaces dans la réduction du risque d’ulcères et de leurs complications

Utilisés dans la prévention et le traitement de l’ulcère, les médicaments gastroprotecteurs pourraient réduire les complications associées. Une méta-analyse compare les effets des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), des analogues des prostaglandines et des antagonistes des récepteurs histaminiques-2 (H2RA) dans différentes circonstances cliniques.

Une méta-analyse incluant 849 essais randomisés a permis de comparer les effets des différents médicaments gastroprotecteurs sur le développement de l’ulcère, le saignement et la mortalité globale, selon leur classe et selon le médicament pris individuellement au sein d’une classe de gastroprotecteur.

Publiée dans The Lancet le 20 février 2018, cette étude conclut que les gastroprotecteurs et en particulier les IPP, réduisent le risque de maladie ulcéreuse gastroduodénale et de ses complications en favorisant entre autres la cicatrisation de l’ulcère, dans un large éventail de circonstances cliniques.

Les IPP, meilleurs gastroprotecteurs

En pratique, dans les essais portant sur la prévention, les gastroprotecteurs réduisent le risque d’ulcères endoscopiques, des ulcères symptomatiques, des saignements gastro-intestinaux supérieurs mais ne réduisent pas significativement la mortalité. Plus précisément, des réductions proportionnelles plus importantes du saignement au niveau gastro-intestinal supérieur sont observées pour les IPP par rapport aux autres gastroprotecteurs.

Les médicaments gastroprotecteurs sont efficaces dans la prévention des saignements indépendamment de l’utilisation d’AINS. Dans les essais portant sur la cicatrisation, les gastroprotecteurs augmentent la guérison des ulcères endoscopiques, les IPP étant plus efficaces que les analogues des prostaglandines et les H2RA. Dans les essais portant sur les patients avec un saignement aigu, les gastroprotecteurs réduisent les saignements, la transfusion sanguine, l’intervention endoscopique complémentaire et la chirurgie mais ne réduisent pas significativement la mortalité.

Les IPP ont des effets gastroprotecteurs plus importants que les anti-H2 pour des saignements ultérieurs et les transfusions sanguines.

Autres complications et effets secondaires

De manière générale, mais plus particulièrement les IPP, les gastroprotecteurs réduisent le risque de maladie gastroduodénale et de ses complications et favorisent la cicatrisation des ulcères dans un large éventail de circonstances cliniques. Cependant, le rôle d’Helicobacter Pylori n’a pas pu être exploré au sein de cette étude en raison de l’incohérence de l’enregistrement du statut du participant quant à la présence de cette bactérie, or on connaît l’importance de son statut dans cette situation clinique.

Il n’a par ailleurs pas été possible de déterminer si d’autres médicaments antithrombotiques comme les antagonistes de la vitamine K par exemple ou les nouveaux anticoagulants oraux influençaient l’efficacité du traitement gastroprotecteur. Enfin, les études en soins intensifs ont été exclues car ce scenario clinique n’est pas considéré comme un cas d’ulcère typique. Les auteurs précisent par conséquent que leurs résultats ne peuvent pas être généralisés à la prévention des hémorragies liées au stress.

Pris à long terme, il est rappelé que les IPP ont été associés à un risque accrus d’IDM, d’ostéoporose et d’insuffisance rénale.

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