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Gonococcie résistante : un nouveau traitement antibiotique efficace

Une association d’antibiotiques est efficace contre la blennorragie résistante (gonorrhée) et constitue une alternative au traitement de référence (ceftriaxone). 

Un nouveau traitement contre la gonorrhée pourrait être aussi efficace que celui utilisé aujourd’hui, auquel certains patients ne répondent pas. Plus précisément, l’association des antibiotiques gentamicine et azithromycine fonctionnerait presque aussi bien que la ceftriaxone, selon une nouvelle étude du Lancet.

91% de guérison

“Notre essai a révélé que la gentamicine combinée à l’azithromycine fonctionne presque aussi bien que la ceftriaxone et l’azithromycine pour la gonorrhée génitale, mais n’a pas soigné la gorge et la gonorrhée rectale aussi efficacement”, précise le directeur de l’étude Jonathan Ross.

Dans l’expérience, réalisée au sein de 14 cliniques anglaises, 720 participants ont été répartis au hasard pour recevoir soit des injections de gentamicine, soit de la ceftriaxone par voie intraveineuse, les deux groupes prenant également une dose unique d’azithromycine par voie orale. Résultat : 98% des malades ayant reçu de la ceftriaxone ont été guéris, comparativement à 91% pour la gentamicine.

“Cette étude suggèrent que la gentamicine associée à l’azithromycine pourrait devenir un traitement de deuxième intention pour les patients résistants à la ceftriaxone”, concluent les scientifiques.

Gonorrhée “ultra-résistante”

En mai dernier, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a annoncé que les cas de gonorrhée “ultra-résistante” étaient en forte augmentation. D’après l’OMS, des souches résistantes à la ceftriaxone ont déjà été identifiées dans plus de 50 pays. Originaires d’Asie de l’est, les souches résistantes se sont disséminées récemment, principalement à cause du tourisme sexuel.

D’origine bactérienne, la gonorrhée est une maladie sexuellement transmissible qui infecte 78 millions de personnes chaque année dans le monde (un chiffre en augmentation). Elle est très dommageable pour les femmes si elle n’est pas ou mal traitée, pouvant mener à l’endométrite, la grossesse extra-utérine, l’épididymite, la maladie inflammatoire pelvienne ou encore l’infertilité. Par ailleurs, les bébés nés de mères infectées courent un risque accru de cécité.

Pour se protéger de la gonorrhée, le préservatif est efficace. Précisions que le sexe oral non protégé (fellation, cunnilingus…) peut être un vecteur de la maladie.

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