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Grossesse : les ISRS augmentent le risque d’autisme

 La prise d’ISRS, antidépresseur inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine, pendant les 2 et 3ème trimestres de la grossesse, augmenterait de 87 % le risque d’autisme chez l’enfant.

L ’étude se base sur la cohorte des grossesses du Québec. 145 500 enfants ont été examinés de leur conception à l’âge de 10 ans. L’exposition aux antidépresseurs a été définie comme au moins une ordonnance d’antidépresseurs, remplie pendant le 2ème ou 3ème trimestre de grossesse.

Les facteurs de risque d’autisme ont bien évidemment été pris en compte, comme la dépression de la mère, son âge, ou des antécédents familiaux d’autisme. L’objectif de l’étude était aussi de savoir quelles familles d’antidépresseurs étaient en cause.

Rien à voir donc avec d’autres familles d’antidépresseurs qui avaient déjà été montrés du doigt, cette fois-ci pour leurs risques tératogènes. Les molécules en question la fluoxétine et la paroxétine pourraient favoriser, selon l’étude real_uploded_grossesseautisme-1450092668-1450449059publiée dans le BMJ en juillet 2015, des malformations cardiaques ou crâniennes. Mais le risque est très faible.
Alors que celui avec les ISRS est de 87% en risque absolu, des résultats qui concordent avec 4 études précédentes. Dans la cohorte du Pr Bérard, 1054 enfants ont été étiquetés autistes, soit 0,72% d’entre eux, un diagnostic porté à l’âge de 4,5 ans en moyenne. A noter qu’il y avait 4 garçons pour une fille.
Le mécanisme de cet effet délétère tient dans le mode d’action de ces antidépresseurs. Comme leur nom l’indique, ils bloquent la recapture de la sérotonine. De plus ils traversent la barrière placentaire et se retrouvent dans le cerveau du fœtus où les cellules sont en pleine multiplication.

Et ces désordres biologiques pourraient avoir un impact sur la cognition, la sérotonine entrant en jeu dans la division cellulaire, la migration des neurones, la différentiation cellulaire et la synaptogénèse.
Quant à l’effet dose, l’étude actuelle n’y répond pas, mais ce sera la prochaine étape de recherche. En tous les cas, le risque d’autisme est augmenté quelle que soit la dose des ISRS.

Par ailleurs, l’étude a globalement retenu tous les diagnostics reliés à la vaste classe du spectre de l’autisme, donc sans différencier les autismes infantiles, les syndromes d’Asperger ou encore les troubles envahissant du développement. Ceci tient aux effectifs qui seraient devenus trop petits si de telles stratifications avaient été faites.

Que faire alors, y a-t-il des alternatives aux antidépresseurs pendant la grossesse ? Il faut savoir que 6 à 10 % des femmes enceintes se voient prescrire actuellement ces traitements. Pourtant de l’avis d’Annick Bérard, parmi les femmes enceintes déprimées, 80 à 85 % d’entre elles souffrent de dépression légère à moyenne, pour lesquelles des alternatives existent comme faire de l’exercice physique adapté et voir un psychologue.

L’intérêt de cette étude est aussi d’informer les femmes déprimées, même si elles ne sont pas enceintes, des risques qu’elles encourent lors d’une future grossesse.

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