Actu.médicalesHématologie

Intelligence artificielle et santé : La lutte contre le cancer va se transformer

20 Minutes consacre un dossier complet et une vidéo sur le sujet. « Incepto, c’est un peu le Netflix de l’imagerie médicale s’appuyant sur l’intelligence artificielle », annonce Gaspard d’Assignies, radiologue et cofondateur d’Incepto.

« Une entreprise qui développe et distribue des outils qui vont aider les médecins à poser des diagnostics. Cette plate-forme, qui collecte et anonymise quantité de données médicales, vise à co-construire des applications d’intelligence artificielle (IA) avec ceux qui vont s’en servir dans un futur proche : les soignants », explique le journal.
« Concrètement, l’IA devrait permettre, bientôt, d’éviter de passer à côté de signaux inquiétants sur une radio. Un progrès phénoménal en cancérologie », souligne l’article. « Auparavant, les algorithmes n’étaient pas suffisamment performants, avec des taux d’erreurs de 20%. Aujourd’hui, on est descendu en dessous de 5% », assure le Dr Alain Livartowski, directeur des datas de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie et responsable des projets eSanté.

L’IA permettrait de « donner une probabilité de cancer », selon Gaspard d’Assignies, et « pourrait aussi faire partie des solutions pour lutter contre la désertification médicale », note l’article. « Le radiologue gagne jusqu’à 30% de temps de lecture, sachant qu’il y a de plus en plus de patients et de moins en moins de médecins », indique Gaspard d’Assignies.
20 Minutes évoque « une amélioration du suivi » car l’IA « permet de voir si le traitement est le bon ou non. Et donc de changer la prise en charge beaucoup plus tôt », insiste Gaspard d’Assignies.
Cependant, « énormément de projets sont nés depuis trois ans environ, mais la majorité n’est pas encore utilisée dans le cadre des soins. Encore faut-il que les travaux de recherche les valident », nuance le Dr Alain Livartowski. « Mais petit à petit, cette technologie va se démocratiser », veut croire Gaspard d’Assignies, qui reconnaît que « ces technologies nécessitent temps et moyens ».

« Autre chantier, celui de la confidentialité des données des patients. Dès 2000, l’Institut Curie a numérisé les dossiers des patients et ainsi rassemblé plus de 17 millions de comptes rendus de consultation, de chirurgie, de radiothérapie et de chimio concernant 500.000 patients », souligne le journal. « Une information claire du patient est absolument indispensable. (…) Par ailleurs, il est très facile d’anonymiser les images », estime Alain Livartowski.

« Mais de nombreuses questions restent en suspens face au déploiement exponentiel de l’IA, boostée par les GAFA. Un enjeu bien identifié », souligne 20 Minutes. « Lors du premier sommet européen de l’IA, à Paris, le 18 avril dernier, un partenariat européen a été dévoilé entre l’institut Carnot CALYM, Microsoft et Artefact (agence spécialisée en innovation data), afin de découvrir de nouvelles voies de recherche via le développement d’algorithmes performants pour mieux lutter contre le lymphome (cancer du système lymphatique) », observe le journal.

« Il nous faut développer un champion européen, c’est une question de souveraineté. Pour que ces outils restent conformes à la protection des données personnelles, ce qui ne va pas forcément de soi en Chine, et dans un environnement de solidarité et de partage des coûts de santé, ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis », plaide Gaspard d’Assignies en conclusion.

Bouton retour en haut de la page
X