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La cabergoline a un effet antidiabétique central

A la suite d’observations fortuites confortées par des essais randomisés contrôlés en double insu, la FDA a approuvé en 2010 la bromocriptine comme antidiabétique d’action centrale dans le diabète de type 2 (DT2), capable de diminuer la glycémie basale et d’augmenter la sensibilité à l’insuline.
Auparavant l’indication principale de cet agoniste des récepteurs à la dopamine de type 2 était le traitement des hyperprolactinémies, de l’acromégalie et surtout de la maladie de Parkinson. L’implication de la dopamine dans la régulation de la néoglucogenèse hépatique expliquerait l’amélioration du métabolisme glucosé.
La cabergoline, agoniste dopaminergique d’action prolongée ayant une plus grande affinité réceptorielle et une meilleure tolérance, a peu à peu supplanté la bromocriptine en pratique endocrinologique.Une équipe iranienne a évalué l’intérêt de la cabergoline en tant qu’hypoglycémiant en réalisant un essai thérapeutique en double insu contre placebo chez 40 sujets ayant un DT2 traité par au moins 2 antidiabétiques oraux.
La cabergoline a été administrée à la dose de 0,5 mg par semaine pendant 3 mois et a été poursuivie pendant 3 mois supplémentaires chez ceux qui n’étaient pas à l’objectif.
Le bilan au début et à la fin de l’étude comportait une mesure des glycémies basales et post-prandiales, un profil lipidique et l’évaluation de l’insulino-résistance par le calcul de l’index HOMA-R.
Après 3 mois, le groupe cabergoline présentait une diminution de la glycémie basale (en moyenne 1,56 à 1,37 g/L : p = 0,004) et de l’HbA1c (en moyenne 8,6 à 7,5% : p=0,003) mais il n’y avait pas de modification significative de la glycémie post-prandiale et de l’index HOMA-R.
La proportion des répondeurs au traitement (HbA1c < 7%) était de 65% dans le groupe cabergoline contre 45% dans le groupe placebo. La tolérance était satisfaisante et il n’y a pas eu d’hypoglycémie à déplorer.

Cette étude réalisée sur un petit effectif confirme d’autres études du même type. Ses résultats suggèrent que les agonistes dopaminergiques d’action centrale contribuent à améliorer l’équilibre glycémique dans le DT2 par un mécanisme qui reste à élucider. Il va sans dire que les dopaminergiques n’ont pas (encore ?) d’AMM dans le diabète.
En pratique, il faut majorer la surveillance glycémique en cas d’administration de ces médicaments pour une indication endocrinienne ou neurologique.

Par le Pr Jean-Louis Schlienger (Strasbourg) [Déclaration de liens d’intérêts]
Article commenté :
Effects of cabergoline on blood glucose levels in type 2 diabetic patients. A double-blind controlled clinical trial.
Bahar A, Kashi Z, Daneshpour E et al.
Medicine (Baltimore). 2016 ; 95(40):e4818.

**Retrouvez l’abstract en ligne

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