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La chasse aux graisses saturées ne sauve pas de l’infarctus

Remplacer les graisses saturées par des acides gras insaturés serait finalement moins bénéfique pour la santé que ne le laissent entendre certaines conclusions. C’est ce que montre une équipe américaine qui a réanalysé des études randomisées et dont les travaux sont parus dans le BMJ.
La chasse aux graisses saturées pourrait bien être un peu excessive à en croire une nouvelle étude parue dans le BMJ. Pour les chercheurs américains, auteurs de ces travaux, les études randomisées montrent que le fait de remplacer ces lipides par de l’acide gras polyinsaturé linoléique (oméga-6) réduit le taux de cholestérol sanguin mais pas le risque de décès lié notamment à un accident coronarien. Selon eux, certaines études incomplètes auraient contribué à surestimer le bénéfice attribué à cette stratégie nutritionnelle.5817a9ab5b54a28d5627bc0a685ed38d_largePour arriver à ces conclusions, les chercheurs se sont basés sur une meta-analyse d’études randomisées et sur les données non publiées duMinnesota Coronary Experiment (MCE) qui a inclus 9.423 personnes âgées de 20 à 97 ans.
Cette étude menée entre 1968 et 1973 était destinée à évaluer si le remplacement de graisses saturées par de l’huile riche en acide gras oméga-6 réduisait le risque d’événement coronarien et de décès via la diminution du taux de cholestérol. La moitié des participants prenaient exclusivement de la margarine ou de l’huile de maïs et l’autre moitié, un régime riche en graisses animales et végétales.
Leur analyse montre que la réduction des graisses saturées est bien associée à une baisse du taux de cholestérol sanguin (environ -14% dans cette étude), mais cette amélioration ne s’accompagne pas d’une baisse du risque de décès, d’athérosclérose ou d’infarctus du myocarde.
Le risque de décès était même augmenté de 22% pour chaque réduction de 30 mg/dL (0.78 mmol/L) de cholestérol ! Quant à leur méta-analyse, elle a également abouti à l’absence de bénéfice en termes de survie ou de santé coronarienne.
 Référence :

Christopher E Ramsden et al.
Re-evaluation of the traditional diet-heart hypothesis: analysis of recovered data from Minnesota Coronary Experiment (1968-73)
BMJ 2016;353:i1246
[Retrouvez l’abstract en ligne]
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