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La dapagliflozine prévient l’apparition de fibrillation et de flutter auriculaires chez les patients diabétiques

La fibrillation et le flutter auriculaires sont les troubles du rythme les plus souvent rencontrés dans les pays occidentaux. Ce fait tient au vieillissement de la population mais également à la majoration des facteurs qui favorisent leur apparition comme l’obésité, la consommation d’alcool et le diabète de type 1 ou de type 2. En revanche, l’amélioration de l’équilibre glycémique n’a pas mis en évidence la protection contre l’apparition d’une fibrillation auriculaire.

La dapagliflozine est la première molécule de la classe des inhibiteurs du co-transporteur sodium-glucose de type 2 (iSGLT2). Comme les autres iSGLT2, la dapagliflozine permet une diminution de la glycémie sans risque hypoglycémique, une perte de poids et une baisse de la pression artérielle. L’intérêt majeur des iSGLT2 réside dans la protection cardiovasculaire et rénale avec un effet notable sur la mortalité et l’insuffisance cardiaque comme l’ont démontré de très nombreuses études. Parmi celles-ci, DECLARE-TIMI 58 (Dapagliflozin Effect on CardiovascuLAR Events) visait à déterminer l’efficacité et l’innocuité de la dapagliflozine par rapport au placebo chez 17 160 patients diabétiques de type 2 présentant soit plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire (n = 10 186) soit une maladie cardiovasculaire connue (n = 6 974).

La dapagliflozine a réduit l’incidence d’événements à type de fibrillation et de flutter auriculaires de 19 % (264 contre 325 événements) soit 7,8 contre 9,6 événements pour 1 000 patients-années (HR = 0,81 ; IC95% : 0,68-0,95; p = 0,009).
La diminution de ces événements était semblable que les patients présentent des antécédents de troubles du rythme de ce type (HR = 0,79 ; IC95% : 0,58-1,09] ou n’en présentent pas (HR = 0,81 ; IC95% : 0,67-0,98). Cette protection était également identique chez les patients présentant :
– une affection cardiovasculaire établie (HR = 0,83 ; IC95% : 0,66-1,04) ;
– plusieurs facteurs de risque (HR = 0,78 ; IC95% : 0,62-0,99) ;
– des antécédents d’insuffisance cardiaque (HR = 0,78 ; IC95% : 0,55-1,11) ;
– aucun antécédent d’insuffisance cardiaque (HR = 0,81 ; IC à 95% : 0,68-0,97).

Aucune influence n’a été notée en ce qui concerne le sexe, les antécédents d’AVC, l’HbA1c, l’IMC, la pression artérielle ou le taux de filtration glomérulaire. Enfin, la dapagliflozine a également réduit le nombre total d’événements que ce soit un premier cas ou une récidive (337 contre 432 ; HR = 0,77 ; IC95% : 0,64-0,92 ; p = 0,005).

Les résultats obtenus dans les différentes études plaident en faveur de la prescription des iSGLT2 chez les patients présentant un haut risque cardiovasculaire ou rénal ainsi que le signale la prise de position de la SFD. L’efficacité démontrée dans cette étude sur la prévention des accès de fibrillation ou de flutter est un argument de plus pour l’utilisation de la dapagliflozine chez les patients à risque pour lesquels un épisode de trouble du rythme supraventriculaire pourrait induire une poussée d’insuffisance cardiaque ou un risque embolique.

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