Actu.médicalesDiabétologie

L’anorexie mentale : une maladie métabolo-psychiatrique ?

Les origines de l’anorexie sont à la fois métabolique et psychiatrique. Des chercheurs ont réalisé une étude génétique d’envergure mondiale sur l’anorexie dont les résultats ont été publiés récemment dans la revue Nature Genetics. S’intéresser à ces deux aspects pourrait permettre d’identifier des traitements plus efficaces dans l’avenir.

L’anorexie mentale est une maladie complexe et grave qui touche entre 1 et 4% de la population féminine et 0,3% des hommes. Le taux de mortalité des personnes atteintes d’anorexie mentale est supérieur à ceux de toute autre pathologie psychiatrique, et l’héritabilité de cette maladie est élevée (70%).
Pour rechercher les causes de cette maladie, les auteurs ont réalisé la plus vaste étude d’association pangénomique sur cette pathologie.

Au total, 2 millions de marqueurs façonnant notre identité génomique ont été testés au sein de 17.000 cas, et 55.000 contrôles.
Huit marqueurs génétiques significatifs de l’anorexie mentale ont été identifiés. De plus, il y avait une corrélation génétique entre cette maladie et d’autres troubles psychiatriques comme le trouble obsessionnel-compulsif, la dépression, l’anxiété et la schizophrénie mais aussi certains aspects cognitifs, comme les performances scolaires ou sportives.
Les chercheurs ont aussi mis en évidence une mutation sur un gène chargé du contrôle du métabolisme, en particulier des taux de sucre dans le sang et de masse graisseuse.
Les auteurs concluent que ces résultats fournissent différentes preuves que l’anorexie mentale est une maladie métabolo-psychiatrique et proposent même de renommer l’anorexie « mentale » en un trouble « métabo-pschiatrique ».

Référence :
Watson HJ et al. 
Genome-wide association study identifies eight risk loci and implicates metabo-psychiatric origins for anorexia nervosa.
Nat Genet. 2019 ; 51(8):1207-1214
Retrouver l’abstract en ligne

Bouton retour en haut de la page
X