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Le régime low carbo en accusation

Le régime low carbo, vous connaissez ? Vos patients en parlent, mais vos confrères aussi et certains d’entre eux s’y sont astreints depuis plusieurs mois ou années, pour maigrir bien sûr, mais aussi pour prévenir les pathologies cancéreuses ou la survenue d’un diabète, et cela sans qu’aucune évaluation n’ait jamais été réalisée. Eh bien mauvaise nouvelle, selon une étude présentée au congrès de l’ESC, la réduction des
apports en hydrates de carbone augmente le risque de décès prématuré toutes causes, mais aussi d’origine cardiovasculaire et même de cancer.

Une étude prospective et une métaanalyse

La première étude a évalué de façon prospective le risque de décès toutes causes ou d’origine cardiovasculaire, par maladie coronaire, maladies cérébro-vasculaires (y compris AVC) et par cancer chez 24 825 participants à l’étude NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey), d’âge moyen 47,6 ans, qui ont été inclus entre 1999 et 2004. Comparés à ceux du quartile qui avaient des apports en hydrates de carbone élevés, ceux du quartile dont la consommation était la plus basse avaient un risque de décès toutes causes augmenté de 32 % (HR : 1,32 ; IC95% : 1,14-2,01 ; p < 0,001) et selon les causes de : 50 % (HR : 1,50 ; IC95% : 1,12-2,31 ; p < 0,001) par maladie CV, 51 % par pathologie cérébro-vasculaire (HR : 1,51 ; IC95% : 1,19-1,91 ; p < 0,001) et 36 % par cancer (HR : 1,07 ; IC95% : 1,01-1,14 ; p < 0,001).

Ces résultats ont été confirmés par une métaanalyse réalisée par la même équipe, qui a inclus 447 506 patients de 7 études prospectives suivis en moyenne 15,6 ans, avec des chiffres toutefois un peu inférieurs et une augmentation du risque de décès de 15, 13 et 8 % de toutes causes, par maladies CV et cancer, respectivement. À noter que l’accroissement de la mortalité liée à ces différentes causes était le plus marqué chez les sujets non-obèses (IMC < 30 kg/m2) les plus âgés.

Conclusion

Cette étude alerte sur les effets délétères à long terme d’un régime très appauvri en hydrates de carbone. Reste à comprendre les mécanismes de l’accroissement du risque de mortalité. Selon M. Banach, la diminution des apports en fibres et en fruits pourrait s’accompagner d’une augmentation de la consommation de viande et de graisses animales dont on connaît les effets délétères. La différence des régimes alimentaires en minéraux et en vitamines pourrait également jouer un rôle. Ces résultats contre-intuitifs méritent toutefois d’être confirmés par d’autres travaux conduits dans d’autres pays.

D’après la communication de M. Banach

M. Banach (Pologne) – Low-carbohydrates diets and alla-cause and specific-cause of mortality: a population based cohort study anf pooling prospective studies

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