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Le test Hémoccult est-il performant ?

Introduction
Le cancer colorectal (CCR) est le troisième cancer en France en termes de fréquence, et tuerait environ 17.000 personnes par an.
Le test Hémoccult, débuté en 2008 dans 46 départements français, a pour but de dépister des lésions coliques à un stade précoce, de bon pronostic.

Méthode
Le test est biannuel et proposé aux populations à risque moyen de CCR, c’est-à-dire sans antécédent personnel ou familial d’adénome colique ou de CCR, sans prédisposition génétique, sans maladie inflammatoire chronique intestinale, et âgés de 50 à 74 ans.
Il consiste en la recherche de sang occulte dans des échantillons de selles. S’il est positif, une coloscopie est proposée.
Cette étude concerne le dépistage en France, effectué entre janvier 2008 et décembre 2009, ciblant 9,7 millions de personnes dans les départements concernés.

Résultats
Parmi les personnes ciblées, 34,3% ont participé au test qui leur était proposé.
Le taux global de tests positifs était de 2,8%, avec une augmentation proportionnelle à l’âge.
Selon les départements, la compliance à la coloscopie proposée en cas de test positif allait de 67,5% à 95,9%.
Sur les 72.433 coloscopies réalisées, 200 effets indésirables ont été recensés, dont 168 en rapport avec le geste lui-même, avec 1 décès.
Dans 45,7% des cas, aucune lésion n’était retrouvée (55,9% chez les femmes et 36,8% chez les hommes).
En cas de test positif, un adénome avancé (>1 cm, composante villeuse ou en dysplasie sévère) était retrouvé dans 19,6%, et un CCR chez 7,5% permettant ainsi le dépistage de 5.452 cancers. Sur les cancers dépistés, 27,2% étaient in situ, 64,1% invasifs (43% stade I, 23% stade II, 25% stade III et 9% stade IV).
Les taux de détection global après test Hémoccult étaient de 4,9/1000 pour les adénomes avancés et de 1,9/1000 pour les CCR.
Ces taux de détection augmentaient avec l’âge, le sexe masculin, et le premier test (par rapport à ceux réalisés les années suivantes).

En conclusion, ce test de dépistage qui permet de dépister des lésions curables dans la majorité des cas semble bénéfique, mais les taux de détection ne sont pas très élevés par rapport à la prévalence du cancer : 40.500 nouveaux cas par an en France. Des améliorations sont attendues, notamment en termes de taux de participation, qui est inférieur au taux recommandé par les instances européennes.

Par le Dr Charlotte Favreau-Weltzer (Hôpital Bagatelle, Talence)
Article commenté :
Colorectal cancer screening by guaiac faecal occult blood test in France: Evaluation of the programme two years after launching.
Leuraud K, Jezewski-Serra D, Viguier J, Salines E
Cancer Epidemiol 2013 ; 37:959-67.

**Retrouvez l’abstract en ligne

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