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Les complications du diabète sont déterminantes dans la survenue des fractures cliniques chez des hommes âgés diabétiques

Il existe une augmentation du risque fracturaire chez les femmes âgées ayant un diabète de type 2 alors que la densité minérale osseuse est augmentée ce qui constitue un paradoxe. Les données fracturaires sont moins fournies chez les hommes âgés et les mécanismes potentiellement impliqués dans ce surrisque ne sont pas parfaitement compris.

Les auteurs de cette étude ont utilisé les données administratives US de 146 centres médicaux regroupant des vétérans de sexe masculin, âgés entre 65 et 99 ans.
Les données ont été recueillies de 2000 à 2010 avec le recueil chez ces patients de la survenue des fractures cliniques et des fractures de hanche tout en étudiant ce risque fracturaire en fonction de la présence d’un diabète de type 2 ou pas et en fonction de la présence ou pas de comorbidités et de complications associées au diabète de type 2.
Les auteurs ont évalué si les comorbidités et les complications du diabète étaient des déterminants dans la survenue de ce surrisque fracturaire. Les différents modèles ont été ajustés sur l’âge, l’ethnie, le tabac, l’alcool, la corticothérapie, la polyarthrite rhumatoïde et l’indice de masse corporelle.

Cette cohorte de vétérans regroupait 2.798.000 hommes avec pour 32,3% d’entre eux un diagnostic de diabète de type 2 (environ 900.000 hommes). Les diabétiques de cette étude étaient relativement plus âgés (78,8 versus 71,2 années), avaient un IMC supérieur (30,1 vs 28 kg/m2) et étaient plus souvent afro-américains (10,2% vs 7,6%).
Parmi ceux ayant bénéficié d’une mesure de densité minérale osseuse, ceux ayant un diabète avaient une densité au col fémoral plus élevée que ceux n’ayant pas de diabète (T-score -0,28 versus -0,51, p < 0,001). Les patients ayant un diabète présentaient par ailleurs plus fréquemment des comorbidités (maladie rénale chronique, maladie cardiovasculaire et neuropathie notamment).
Dans l’analyse multivariée, après ajustement, le risque relatif (RR) de fracture clinique chez les patients diabétiques était de 1,22 (IC95% : 1,21 – 1,23). Les principaux déterminants du risque fracturaire (fracture clinique) étaient la neuropathie périphérique expliquant 21,20% du surrisque fracturaire, l’insuffisance cardiaque congestive (16,6% de ce surrisque) et les maladies cardiovasculaires (6,9% de ce surrisque) (tableau 1).
Pour les fractures de hanche, l’odds-ratio chez les patients diabétiques était de 1,21 (1,19 – 1,23) après ajustement sur les facteurs confondants. Le déterminant principal retrouvé était la neuropathie périphérique qui expliquait 20% du surrisque fracturaire pour la hanche (tableau 2).

Au total, chez des vétérans masculins âgés ayant un diabète de type 2, il existait une augmentation modérée du risque fracturaire comparativement aux vétérans n’ayant pas de diabète avec une augmentation de 22% du risque de fracture clinique et de 21% du risque de fracture de hanche.
Une partie de ce surrisque fracturaire était expliquée par les comorbidités/complications du diabète avec tout particulièrement la neuropathie périphérique, la maladie cardiovasculaire et l’insuffisance cardiaque congestive.

Tableau 1

Tableau 2

Article commenté :
Clinical fractures among older men with diabetes are mediated by diabetic complications.
Lee RH, Sloane R, Pieper C et al.
J Clin Endocrinol Metab. 2017 Nov 1. doi: 10.1210/jc.2017-01593.

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