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Les pesticides une nouvelle fois mis en cause dans la maladie de Parkinson

« Une récente étude montre que cette maladie touche davantage les agriculteurs et les riverains des terrains agricoles que le reste de la population », révèle Le Figaro. « Selon deux études récemment publiées par une équipe de chercheurs français, ces personnes ont un risque un peu plus élevé, respectivement de 13% et 8,5% d’être atteintes par cette maladie neurodégénérative. Chez les agriculteurs retraités (60-84 ans), cette différence est encore plus marquée puisqu’ils sont 18% de plus à souffrir de la maladie par rapport aux personnes de leur tranche d’âge », poursuit-il.
Le journal indique que « les scientifiques pointent du doigt l’exposition élevée aux pesticides de ces populations, dont certains sont connus pour leurs propriétés neurotoxiques ».
Il rappelle que « depuis 2012, l’exposition aux pesticides est d’ailleurs considérée en France comme un facteur de risque de la maladie de Parkinson. La maladie peut même être reconnue comme une maladie professionnelle des professions agricoles ». « Pourtant, jusqu’à récemment, aucune étude n’avait encore exploré l’incidence (le nombre de nouveaux cas par an) de cette maladie chez les exploitants agricoles en France. C’est précisément le sujet qu’a choisi d’étudier Sofiane Kab lors de sa thèse de Santé publique et d’épidémiologie », souligne l’article.
« Pour parvenir à ces résultats, le jeune chercheur et ses collègues [en collaboration avec des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)] ont comparé les données de la Mutualité sociale agricole – un régime d’assurance maladie spécifique du monde agricole – avec celles des autres régimes de l’assurance maladie », précise le journal.
« Il faut rester prudent car la maladie de Parkinson est multifactorielle », met en garde le Dr Alexis Elbaz, neurologue, épidémiologiste à l’Inserm et directeur de la thèse de Sofiane Kab.
Concernant les riverains, «la fréquence de cette maladie est effectivement un peu plus élevée au sein des riverains qui vivent dans les cantons où il y a le plus de terres agricoles, en particulier dans ceux où la proportion de terres agricoles allouées à la viticulture est la plus importante », explique Alexis Elbaz.
« La viticulture est l’une des cultures qui nécessite le plus de pesticides », souligne Le Figaro. « Mais ces résultats demandent à être confirmés par des études plus précises auprès des personnes Et la maladie de Parkinson reste une maladie peu fréquente et l’augmentation de risque observée est faible », poursuit le spécialiste.
Le journal rappelle que « c’est en 1983 qu’un lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides a été détecté pour la première fois, de façon totalement fortuite. Cette année-là, la Californie a fait face à une «épidémie» de syndromes parkinsoniens survenue chez de jeunes toxicomanes. Ces derniers avaient tous consommé une drogue frelatée par le MPTP, une neurotoxine qui, en détruisant certains neurones, provoque les symptômes permanents de la maladie de Parkinson. À l’époque, les scientifiques avaient remarqué que la structure du MPTP était très proche de celle d’un herbicide, le Paraquat ».
« D’autres études s’apprêtent à être lancées par l’Inserm, en collaboration avec Santé Publique France, afin d’identifier les pesticides qui pourraient être à l’origine d’un risque augmenté de maladie de Parkinson », conclut Le Figaro.

Source : LeFigaro

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