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L’ibuprofène induit des anomalies ovariennes chez le foetus en début de grossesse

L’ibuprofène consommé au cours du premier trimestre de grossesse interfère avec le développement de l’ovaire fœtal. Human Reproduction interpelle sur ce nouveau risque lié à l’utilisation d’ibuprofène pendant la grossesse. 

L’utilisation d’ibuprofène est à limiter au maximum au début de la grossesse. Une nouvelle étude parue dans Human Reproduction confirme ces recommandations.
Des travaux parus chez le rongeur avaient déjà montré un lien entre la consommation d’antalgiques au cours de la grossesse et anomalies du développement ovarien chez le foetus aboutissant à des problèmes de fertilité.
Or, chez l’Homme, les fœtus féminins constituent leur stock d’ovocytes au début de la grossesse et en même temps, l’ibuprofène, disponible en automédication et le plus souvent présent dans les pharmacies des domiciles, reste fréquemment consommé.
Après avoir analysé 185 ovaires issus d’embryons âgés de 7 à 12 semaines de développement et exposés à de l’ibuprofène et les avoir comparés à des échantillons contrôles, les auteurs ont constaté une diminution des capacités prolifératives des ovogonies et une baisse de leur nombre par mort précipitée par apoptose, indépendamment de l’âge gestationnel.
Ces anomalies surviennent dès le deuxième jour après la prise d’ibuprofène et sont très marquées après sept jours, même si le médicament a été interrompu entre-temps.
Ces travaux, bien que menés ex vivo, confirment la nécessité d’éviter le plus possible ce médicament au cours des premier et second trimestres de grossesse, sans compter la contre-indication formelle après 24 semaines en raison des risques cardiaques et pulmonaires après une seule dose.

Référence :
S Leverrier-Penna et al.
Ibuprofen is deleterious for the development of first trimester human fetal ovary ex vivo
Human Reproduction, February 2018
[Retrouvez l’abstract en ligne]

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