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Liraglutide chez les enfants et adolescents diabétiques de type 2

L’incidence du diabète de type 2 chez les enfants et les adolescents est en augmentation, augmentation entrainée par celle de l’obésité de l’enfance. La metformine est le traitement de 1ère ligne chez les jeunes diabétiques de type 2.
Cependant, le contrôle de la glycémie par une monothérapie de metformine est de courte durée (combinaison d’une insulino-résistance sévère et d’un rapide déclin de la fonction bêta-cellulaire).
Chez les jeunes, en cas d’échec d’une monothérapie par metformine, seul un traitement par insuline est autorisé, alors que de nombreux traitements sont disponibles chez l’adulte.
Il n’était actuellement pas connu si le liraglutide, associé à la metformine, est un traitement efficace et sûr chez les jeunes diabétiques de type 2. Les agences de régulation ont donc demandé des études spécifiques chez les jeunes. Il s’agit ici de la présentation de cette évaluation.

Des patients âgés de 10 à 17 ans étaient randomisés pour recevoir soit une injection sous-cutanée de 1,8mg de liraglutide par jour, soit un placebo pendant 26 semaines. Les critères d’inclusion étaient un IMC supérieur au 85ème percentile et une hémoglobine glyquée (HbA1C) entre 7 et 11% si les patients étaient traités par des règles hygiéno-diététiques seules ou entre 6,5 et 11% s’ils étaient traités par de la metformine.
Tous les patients recevaient de la metformine durant l’essai. Le critère primaire d’évaluation était la modification d’HbA1c par rapport au départ. Les critères secondaires incluaient l’évolution du niveau de glycémie à jeun. La sécurité du médicament était évaluée tout au long de l’essai.

Soixante-six patients ont été inclus dans le groupe liraglutide et 68 dans le groupe placebo. Les caractéristiques démographiques étaient similaires dans les 2 groupes avec un âge moyen de 14,6 ans, 62% de patients de sexe féminin, une durée de diabète de 1,9 an. L’HbA1C était en moyenne à 7,8%.
En moyenne, 18% des patients étaient sous insuline. A 3 semaines, 55% des patients du groupe liraglutide et 73% du groupe placebo avaient atteint la dose maximale de 1,8mg. La plupart des patients ne recevaient pas la pleine dose de liraglutide car leur glycémie à jeun était <1,10 g/l. Seuls 6 patients du groupe liraglutide ne pouvaient pas augmenter la dose devant des effets secondaires
A 26 semaines, le taux moyen d’HbA1c avait diminué de 0,64% dans le groupe liraglutide et augmenté de 0,42% dans le groupe placebo. Ainsi, la différence obtenue par le traitement est estimée à -1,06% (p<0.001). Cette différence augmentait à -1,30% à la semaine 52. Toutes les analyses de sensibilité ont montré une différence entre les 2 traitements sans effet particulier du sexe ou de l’âge.
De la même façon, le taux de glycémie à jeun avait diminué aux 2 points d’évaluation dans le groupe liraglutide mais avait augmenté dans le groupe placebo.
De plus, 64% des patients du groupe liraglutide et 36% des patients du groupe placebo atteignaient une HbA1c<7%.

Liraglutide is a long-acting glucagon-like peptide-1 receptor agonist, binding to the same receptors as does the endogenous metabolic hormone GLP-1 that stimulates insulin secretion.

A l’inverse, la supériorité du liraglutide n’a pas été retrouvée concernant l’IMC. A 26 semaines, la différence estimée était de -0,005 et elle augmentait à -0,18 à la semaine 52.
Les IMC avaient diminué dans les 2 groupes en semaine 26 avec un maintien de la perte de poids uniquement dans le groupe liraglutide. La moyenne de perte de poids était de -1,9 kg à la semaine 52. Il n’y avait pas de différence significative concernant les LDL, les triglycérides et les paramètres de pression artérielle.
Le nombre de patient ayant rapporté un effet secondaire était similaire et élevé dans les 2 groupes (84,8% dans le groupe liraglutide et 80,9% dans le groupe placebo). Cependant, les taux globaux d’effets secondaires et d’effets gastro-intestinaux étaient plus élevés dans le groupe liraglutide.
Le pourcentage des hypoglycémies était plus élevé dans le groupe liraglutide.

En conclusion, le liraglutide était efficace dans l’amélioration du contrôle glycémique chez les enfants et adolescents diabétiques de type 2, utilisé avec de la metformine et avec ou sans insuline. Cette efficacité se faisait au prix d’une augmentation de fréquence des effets secondaires gastro-intestinaux.
Cependant, les effets sur l’IMC n’étaient pas significatifs. Est-ce un manque de puissance de l’étude ? Est-ce secondaire à l’utilisation du liraglutide à des doses inférieures à 1,8mg ?

Article commenté :
Liraglutide in Children and Adolescents with Type 2 Diabetes.
Tamborlane WV, Barrientos-Pérez M, Fainberg U et al.
N Engl J Med. 2019 Apr 28. doi: 10.1056/NEJMoa1903822.

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