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Maladie de Verneuil : Impact de la nutrition sur l’inflammation

Les patients atteints de maladie de Verneuil ont un IMC augmenté, et une incidence élevée des comorbidités.
L’obésité est un état inflammatoire chronique. Deux types de macrophages sont retrouvés dans le tissu adipeux, les macrophages M1 produisant des cytokines pro-inflammatoires : Il 1 bêta, IL6, TNF alpha et dont le nombre est augmenté jusqu’à 50% chez les sujets obèses ; et les macrophages M2, produisant des cytokines anti-inflammatoires (IL10), qui sont les plus nombreux chez les sujets minces.

Acides gras
Les acides gras saturés activent l’inflammasome et augmentent l’Il1 bêta.
Les acides gras polyinsaturés comportent les oméga 3 et 6. Les oméga 3 sont retrouvés dans les poissons gras, les graines de lin et de chia. Ils ont une action anti-inflammatoire. Les oméga 6 sont retrouvés dans les huiles végétales, la margarine, les noix… Ils ont une action pro-inflammatoire. Il est donc nécessaire d’avoir un bon équilibre entre oméga 3 et 6.

Glucides
L’hyperglycémie et l’hyperinsulinémie (qui favorise le métabolisme des oméga 6) sont pro-inflammatoires.
Les produits finaux de glycation avancée sont présents dans de nombreux aliments surtout s’ils contiennent des sucres en quantité importante et subissent une cuisson. Il existe également des AGE endogènes (produits de la glycation de protéines dépendant du temps de la concentration en sucres). Ces AGE ont une action pro-inflammatoire.
Le sel a également une action pro-inflammatoire.
Le microbiote digestif est altéré en cas de pathologie inflammatoire chronique. Il module la réponse immune extra-digestive en particulier la balance Treg/Th17. Certains facteurs alimentaires ont également une influence : les fibres contribuent à un microbiote plus sain, le sel diminue sa diversité.

Le régime méditerranéen a un effet anti-oxydant et anti-inflammatoire (diminuant les cytokines pro-inflammatoires). Sa richesse en fibres contribue à diminuer l’index glycémique, impacte positivement le microbiote digestif. Il a un impact sur l’inflammation chronique par de multiples voies interconnectées.
Il a été mis en évidence au sein de cohortes observationnelles que les patients atteints de maladie de Verneuil et suivant un régime méditerranéen avaient une maladie moins sévère par rapport à ceux avec un régime occidental.

Dans la maladie de Verneuil, il n’y a pas de recommandations de bon niveau de preuve pour un régime particulier. Cependant un régime alimentaire anti-inflammatoire peut être recommandé, à savoir :
– augmentation des apports en végétaux : polyphénols, fibres, diminution de la densité calorique ;
– remplacement des acides gras saturés par des acides gras mono et polyinsaturés, avec un ratio oméga 3/6 (effet positif sur le microbiome) :

– diminution des glucides transformés : augmente l’apport en fibres qui a une action positive sur le microbiome, diminue les produits finaux de glycation avancée ;

– diminution de l’apport en sel : action positive sur le microbiome ;

– diminution de l’apport en viande rouge.

D’après la communication :
The impact of nutrition on inflammation
Joi Lenczowski (USA)
EHSF 2020, Athènes, 5-7 février 2020

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