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Marcher en milieu très pollué annule les bénéfices cardio-pulmonaires de cet exercice

Marcher dans un environnement très pollué met à mal les bénéfices cardiovasculaires et pulmonaires de cet exercice physique chez les personnes de plus de 60 ans. C’est ce que montre une étude parue dans le Lancet qui montre l’importance de rechercher des endroits un peu protégés de la pollution comme les parcs urbains pour s’adonner à une marche régulière et en tirer un bénéfice pour la santé.

Marcher est bon pour la santé à condition de le faire à distance de la circulation automobile et de sources importantes de pollution. Les résultats d’une étude publiée dans The Lancet sont clairs sur ce point.
Les auteurs ont étudié l’impact cardiovasculaire et respiratoire d’une marche dans un environnement hautement pollué par rapport au fait de le faire dans un endroit dénué de circulation chez des sujets âgés. Pour cela, ils ont recruté 135 sujets âgés d’au moins 60 ans présentant un angor stable ou une BPCO contrôlée depuis 6 mois ainsi que des personnes contrôles du même âge en bonne santé.
L’ensemble des participants était abstinent pour le tabac depuis au moins un an. Ces personnes devaient marcher deux heures le long d’un axe commercial de Londres très fréquenté par les véhicules à moteur ou dans un parc de la ville. Dans chaque situation, le niveau de pollution était analysé avec notamment la présence de particules fines et ultrafines et de NO2 relâchés en particulier par les véhicules diésel.
Chez tous les participants, indépendamment de leur état de santé initial, la marche dans le parc a conduit a une amélioration de la fonction pulmonaire (dont FEV1 et CVF) et une diminution de la rigidité artérielle jusqu’à 26 heures après l’effort. Ces bénéfices n’ont pas été retrouvés chez les sujets arpentant la rue commerçante et ces facteurs avaient au contraire tendance à s’aggraver après la marche.
Les sujets atteints de BPCO se sont plaints de tousser davantage (RR=1.95, p<0,1), présentaient davantage d’expectorations (3·15; p<0,05), et de sifflements (4,00; p<0,05) par rapport au fait de marcher dans le parc. L’effet était également délétère chez les sujets en bonne santé. Peu d’impact a en revanche été observé sur le plan cardiovasculaire chez les sujets souffrant de maladies coronariennes et traités notamment par statines ou certains hypertenseurs.
Selon les auteurs, ces médicaments pourraient protéger en partie ces individus des méfaits de la pollution.

Référence :
Rudy Sinharay et al.
Respiratory and cardiovascular responses to walking down a traffic-polluted road compared with walking in a traffic-free area in participants aged 60 years and older with chronic lung or heart disease and age-matched healthy controls: a randomised, crossover study
The Lancet, dec 2017
[Retrouvez l’abstract en ligne]

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