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Metformine : Limiter les complications métaboliques de la corticothérapie ? Pourquoi pas !

De par ses remarquables effets anti-inflammatoires, la corticothérapie au long cours est indiquée dans nombre d’affections systémiques. Malheureusement elle induit fréquemment des effets indésirables à type de Cushing iatrogène (obésité tronculaire, HTA, dyslipidémie, dysglycémie ou diabète, hypercoagulabilité, stéatose hépatique, ostéoporose, sensibilité accrue aux infections…) qui peuvent s’avérer plus problématiques que la maladie traitée. Force est de constater que les mesures hygiéno-diététiques ou les « astuces » posologiques et galéniques visant à réduire ces effets indésirables sont souvent mises en échec.

Des sujets non diabétiques traités dans 4 hôpitaux britanniques pour une maladie inflammatoire par de la prednisolone (≥ 20 mg/jour pendant ≥ 4 semaines et ≥ 10 mg/jour pendant les 12 semaines suivantes) ont été stratifiés en fonction de l’âge et de l’IMC dans un essai de phase 2 randomisé, contrôlé et en double insu. La MET (n = 19) et un placebo (n = 21) ont été administrés pendant 12 semaines à des doses croissantes de 850 mg/jour à 3 x 850 mg/j. Le critère de jugement principal était l’évolution du rapport surface adipeuse viscérale/sous-cutanée après 12 semaines (évaluation par TDM). Les critères de jugement secondaires étaient les modifications des paramètres métaboliques, osseux, cardiovasculaires et inflammatoires. La dose cumulée de corticoïdes était comparable dans les deux groupes (1 860 mg d’équivalent prednisolone dans le groupe MET vs 1 770 mg dans le groupe placebo). Le rapport surface adipeuse viscérale/sous-cutanée est resté inchangé dans les deux groupes mais la graisse sous-cutanée a été significativement réduite dans le groupe metformine (p = 0,01). Par ailleurs plusieurs paramètres ont été modifiés sous MET : si le poids et le tour de taille sont comparables dans les deux groupes, il n’en est pas de même de la dysglycémie (p = 0,009), de l’index d’insulinorésistance HOMA-R (figure), du rapport HDL/LDL, des transaminases et des gamma GT (p = 0,008), des taux d’adiponectine, de la fibrinolyse, de l’épaisseur intima-média carotidienne, des paramètres inflammatoires et des marqueurs cliniques de l’activité de la maladie qui évoluent favorablement dans le groupe MET. Ce groupe se singularise encore par une diminution de la sensation de faim, du grignotage (ce qui est particulièrement remarquable !) (figure), une amélioration de la densité osseuse sans modification des marqueurs de résorption osseuse et une diminution significative du nombre d’infections et de la fréquence des hospitalisations.

N’en rajoutons pas ! Il ne s’agit là que de résultats préliminaires encourageants bien que l’absence de modification du critère de jugement principal empêche de valider l’hypothèse de travail. En l’état, il est possible d’affirmer que l’administration de MET a amélioré le profil métabolique, les résultats cliniques et le comportement alimentaire dans un groupe restreint de sujets sous glucocorticoïdes pour une maladie inflammatoire, au prix de quelques diarrhées. Ces résultats méritent à tout le moins d’être confirmés et approfondis car ils sont porteurs de grands espoirs.

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