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Nouveau-nés : mieux détecter la douleur pour mieux la soigner

Le Figaro observe en effet : « Comprendre la douleur chez le nourrisson et élaborer un modèle permettant de l’identifier, c’est ce qu’a voulu faire une équipe de chercheurs et de médecins britanniques », selon une étude parue dans Science Translational Medicine.
Le journal explique que ses auteurs « ont utilisé une technique totalement indolore permettant d’enregistrer les activités électriques du cerveau que l’on nomme EEG […]. Les chercheurs ont ainsi placé un casque avec de multiples électrodes sur la tête de 72 enfants en bas âge et ont relevé les activités cérébrales nociceptives, c’est-à-dire les activités électriques produites lors du ressenti d’un stimulus douloureux (une piqûre au niveau du talon ou du pied) ».

Le quotidien précise que « les sujets étaient des nourrissons dont l’âge était compris entre 35 et 43 semaines au moment de l’étude. A cet âge, les enfants ne sont pas capables de parler, ce qui rend toute communication verbale avec eux impossible. Il est donc très difficile de se rendre compte si un nouveau-né souffre lors d’une opération ou d’une prise de sang par exemple et de ce fait, de proposer un traitement anti-douleur adapté ».
Le Figaro rappelle en effet que « les expressions faciales constituent un premier niveau de repère pour les parents et les médecins mais ne sont pas toujours des indicateurs très fiables. Une confusion est toujours possible entre peur et douleur mais aussi en fonction de la sensibilité et du stade de développement du circuit cérébral dédié à la douleur chez chaque individu ».
« Les chercheurs ont donc essayé de voir si une corrélation pouvait être établie entre les activités cérébrales, les expressions faciales et les stimulations douloureuses. Un lien a pu être fait entre l’ampleur de l’activité cérébrale en cas de stimulation douloureuse et certaines expressions faciales (plissements au niveau du nez, du front et des yeux). Les nourrissons faisaient donc des grimaces lors d’une piqûre en réaction à la sensation douloureuse elle-même visualisable sur l’EEG »,
relève le journal.
Il ajoute que « dans un deuxième temps, les chercheurs ont appliqué un anesthésique local (sous forme de gel) sur un des deux pieds des nourrissons afin de voir si, dans ce cas, l’activité cérébrale était différente ».
« Les résultats ont montré que l’amplitude de l’activité enregistrée pour le pied anesthésié était significativement moindre que celle pour le pied non anesthésié. Comme si aucune piqûre n’avait été faite. L’EEG a donc une portée bien plus grande que d’enregistrer simplement des activités : cette méthode permet de déterminer l’efficacité d’un médicament anti-douleur »,
souligne le quotidien.
Le Figaro remarque que « cette technique devrait donc être utilisée à long terme pour établir des correspondances entre les antalgiques, leurs seuils d’efficacité et de ce fait les doses minimales à distribuer, dans le but de réduire les risques d’effets secondaires. Des informations essentielles pour les médecins, pouvant adapter les traitements pour leurs patients juvéniles ».
Le journal note toutefois que « les chercheurs précisent que les résultats obtenus «ne peuvent être interprétés comme une mesure directe de l’activité nociceptive». Les activités cérébrales enregistrées dans le cadre de cette étude ne sont pas le reflet de toute l’activité nociceptive dans le cerveau du nouveau-né. Ils rappellent également que la sensibilité des individus à la douleur dépend de multiples facteurs comme l’âge, le lieu de la stimulation douloureuse, l’éducation… ».

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