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Ostéoporose : évaluer mieux et plus tôt le risque de fracture de hanche

Le risque d’ostéoporose est rarement évalué à temps en pratique clinique et les scores décisionnels disponibles actuellement, directement intégrés dans les dossiers électroniques des malades, sont performants pour dépister précocement cette maladie.

Les scores QFracture et FRAX sont très performants pour prédire la fracture de la hanche, avec léger avantage au score QFracture. C’est le résultat d’une analyse rétrospective d’une cohorte de plus d’un million de personnes âgées de 50 à 90 ans, parue dans le BMJ.

Le FRAX est presque aussi performant que le QFracture pour évaluer le risque de fracture de hanche. Il est, par ailleurs, plus simple et peut avoir un avantage si certaines des données requises pour le QFracture ne sont pas disponibles.

Des données proches de la réalité

Le taux réel de fracture de hanche observé à cinq ans est de 2,7% et le taux de fractures ostéoporotiques majeures est de 7,7%. Par rapport à ces chiffres, les aires sous la courbe pour la prédiction de la fracture de la hanche sont de 82,7% pour QFracture, 81,5% pour FRAX et 77,8% pour Garvan. Pour les fractures ostéoporotiques majeures, les AUC sont de 71,2% pour QFracture et de 71,4% pour FRAX.

Tous les outils ont sous-estimé le risque de fracture, mais les rapports moyens observés entre prédiction et réalité sont les plus proches de 1 pour le FRAX.

Le dépistage est un enjeu de santé publique

Bien que de nombreux outils prédictifs aient été mis au point pour dépister l’ostéoporose-maladie, ils sont peu utilisés pour identifier les patients à haut risque de fractures ostéoporotiques, ce qui laisse de nombreuses ostéoporoses non diagnostiquées chez de nombreux patients.

En outre, certains critères utilisés pour identifier les personnes à haut risque de fractures ostéoporotiques, comme la densité minérale osseuse, ne sont pas très sensibles, car plus de la moitié des femmes âgées souffrant de fractures ostéoporotiques ont une densitométrie osseuse avec un Tscore supérieur à 2.5.

En pratique

L’intégration d’un de ces scores d’évaluation du risque de fracture ostéoporotique directement dans les dossiers électroniques, paraît intéressante pour identifier les patients qui ont un risque élevé de fractures ostéoporotiques.

Le calcul automatique des trois scores à partir de données cliniques et personnelles provenant de dossiers médicaux électroniques produit des résultats semblables, mais lorsqu’on les évalue dans une cohorte pour laquelle les tranches d’âge de tous les outils se chevauchent, QFracture et FRAX donnent les résultats les plus discriminants pour la prévision de la fracture de la hanche, sachant que le FRAX est plus simple.

Cet écart de rendement est beaucoup plus faible qu’il était rapporté précédemment dans les études de validation, mais celles-ci ont testé chacun des scores en utilisant des cohortes avec différentes tranches d’âge.

**Par le Dr Jean-Paul Marre**

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