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Préservation de la sécrétion d’insuline chez les patients: diabète de type 1, est-ce possible ?

Prévenir ou renverser le diabète de type 1 reste un objectif majeur dans le combat de la recherche contre le DT1. Cependant jusqu’à présent, les essais avec des monothérapies par immunosuppresseurs ou immunomodulateurs n’ont eu que des résultats limités. Puisque les monothérapies ne marchent pas, pourquoi ne pas tester une approche combinée utilisant les associations thérapeutiques les plus efficaces issues des modèles expérimentaux ? C’est ainsi qu’il a été observé que l’association d’une faible dose d’anti-thymocyte globuline (ATG) et de facteur de stimulation des colonies de granulocytes (GCSF) avait un effet synergique sur la rémission du diabète chez les souris NOD. L’effet synergique de la combinaison ATG/GCSF étant basée sur un principe de complémentarité, l’ATG épuisant les lymphocytes-T pathogènes, tandis que le GCSF augmente les lymphocytes-T régulateurs (Tregs). Des résultats préliminaires chez 25 sujets DT1 avaient montré une moindre diminution du peptide C.

Une étude plus ambitieuse présentée à l’ADA a inclus 89 sujets de 12 à 45 ans chez qui un DT1 avait été diagnostiqué dans les 100 jours. Vingt-huit ont été traités par ATG seul, 28 par ATG/GCSF et 26 par placebo. L’ATG était délivré par 2 injections IV, et le GCSF en 6 doses sur 2 semaines. Le critère primaire de jugement était l’aire sous la courbe du taux de peptide C 2 h après un repas test. Les résultats montrent que 2 ans après le traitement, la sécrétion de peptide C diminue de façon significativement moins importante dans les groupes ATG/GCSF et ATG versus placebo. Plus proche de la clinique, l’HbA1c était plus basse dans les groupes traitement versus placebo, avec des chiffres à 2 ans de l’ordre de 7 versus 8 %. Étrangement, la dose d’insuline était similaire dans les 3 groupes à 2 ans. Les effets secondaires étaient faibles et pas différents entre les 3 groupes. Des analyses plus mécanistiques ont été également réalisés afin de mieux disséquer l’effet de ces traitements. Elles montrent que l’ATG diminue le taux de CD4 en préservant le taux de Treg.

Conclusion

Ces résultats suggèrent donc que l’ATG à faible dose (et non la combinaison ATG/GCSF, comme suggéré par les études animales) pourrait modifier l’histoire naturelle du DT1 en préservant la fonction cellulaire bêta via une réduction des lymphocytes pathogéniques, au profit d’une augmentation des lymphocytes régulateurs. Il aurait été intéressant d’avoir dans cette étude les taux d’hypoglycémies et les profils glycémiques des patients afin de savoir si la préservation de la fonction bêta s’accompagnait d’une meilleure stabilité du contrôle glycémique.

L. Potier
D’après la communication de M. Haller

 

Attention : ceci est un compte-rendu et/ou résumé des communications de congrès dont l’objectif est de fournir des informations sur l’état actuel de la recherche ; ainsi les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par les autorités françaises et ne doivent donc pas être mises en pratique.

Ce compte-rendu a été réalisé sous la seule responsabilité du coordinateur, des auteurs et du directeur de la publication qui sont garants de l’objectivité de cette couverture de congrès.

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