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Prostate : fini le tout-bistouri

Le Journal du Dimanche, qui note : « Maladie longtemps invisible, le cancer de la prostate est désormais détecté plus finement grâce à l’IRM. Des traitements ciblés, encore en test, pourraient révolutionner la vie des malades ».

Le journal observe ainsi sous sa rubrique « sciences » : « Trop d’ablations, trop de dosages sanguins, trop de biopsies… Après des années de surdiagnostic et de surtraitement du cancer de la prostate, la fin du tout-bistouri a commencé. Les progrès de l’imagerie médicale expliquent en partie cette petite révolution ».

Le Pr Michaël Peyromaure, chef du service d’urologie à l’hôpital Cochin (Paris), indique que « grâce à l’IRM fonctionnelle, les radiologues savent désormais détecter le cancer de la prostate. Le produit au moment de l’examen se focalise sur des zones spécifiques. Cela traduit une anomalie de la vascularisation qui correspond souvent à une zone tumorale ».

Le Pr Abdel-Rahmène Azzouzi, chef du service d’urologie au CHU d’Angers, ajoute : « L’IRM dans le cancer de la prostate, c’est un peu comme les lunettes infrarouges qui ont permis aux militaires de voir dans la nuit ».

Le Journal du Dimanche souligne que « cette avancée a mis en sourdine la controverse sur le test PSA. […] Longtemps considéré comme un Graal de détection par les urologues quand les autorités pointaient son inutilité, le PSA est désormais un premier outil, limité, parmi d’autres. Grâce à l’IRM, les biopsies […] vont devenir moins fréquentes ».robotsurgery

Le Pr Peyromaure explique : « On a comparé les biopsies faites dans des zones tumorales visibles en IRM et celles faites à l’aveugle dans toute la prostate. Les tumeurs mises en évidence par l’IRM sont bien plus agressives. L’IRM s’impose donc comme un filtre entre le dosage PSA et les biopsies. Elle permet d’éviter les biopsies inutiles qui peuvent entraîner des complications, de mieux les cibler sur les zones suspectes et de sélectionner les tumeurs qui doivent être surveillées ou soignées ».

Le journal précise que « ces biopsies ciblées sont réalisées grâce à des logiciels de fusion d’images qui transposent sur l’appareil d’échographie les zones détectées par l’IRM. Au CHU d’Angers, Abdel-Rahmène Azzouzi confirme : «La plus-value des grands centres, ce n’est plus de mieux opérer qu’ailleurs mais de bien diagnostiquer. Une fois cette étape accomplie, on peut passer, ou non, à l’étape thérapeutique et la confiance est rétablie» ».

Le Journal du Dimanche ajoute que « du côté des traitements aussi, la palette des urologues s’est élargie. Les méthodes classiques restent indiquées dans de nombreux cas : ablation de la prostate, radiothérapie quand la tumeur est localisée ou que le patient est trop âgé pour être opéré et curiethérapie, une sorte de radiothérapie interne qui consiste à introduire des grains radioactifs dans la glande. Mais ces gestes qui sauvent la vie peuvent gâcher le quotidien (sévères troubles de l’érection, incontinence) ».

Le Pr Azzouzi remarque ainsi qu’« on opère toujours trop en France. Le principal risque du cancer de la prostate n’est pas le décès mais le surtraitement ».

L’article observe que « le remède à ce mal hexagonal porte le nom de «surveillance active» : ne rien faire, juste observer de près. «Face à un cancer débutant, le traitement n’est jamais urgent. Un tiers des tumeurs détectées tôt ont une chance de ne pas évoluer», précise le Pr Peyromaure ».

« Autre voie d’espoir pour certains cancers localisés, des méthodes mini-invasives font leur apparition. Testées depuis une petite dizaine d’années, les thérapies focales, qui consistent à limiter le traitement à la zone tumorale pour la détruire sans agir sur toute la glande, sont toujours en cours d’évaluation. Qu’il s’agisse d’éliminer les foyers cancéreux au moyen d’ultrasons, par le froid ou par la lumière, les études cliniques semblent intéressantes. L’équipe d’Abdel-Rahmène Azzouzi a présenté le mois dernier lors d’un congrès à Munich les «résultats prometteurs» d’un travail de phase 3, non encore publié, comparant la surveillance active et la thérapie focale », continue Le Journal du Dimanche.

 

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