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Quand l’ordinateur inquiète les médecins

 Le Figaro se penche sur « l’intelligence artificielle, nouvelle frontière de la santé ». Le journal constate en effet que « l’analyse de données pour aider au diagnostic et aux traitements est investie par de nombreuses entreprises, dont les géants Google et IBM ».
Le quotidien explique que « depuis quelques années, start-up et géants de la Silicon Valley développent des logiciels capables d’aider les médecins à établir un diagnostic en brassant des millions de données recueillies par les personnels soignants ». Il fait le point sur les recherches actuelles, et note que « les promesses sont belles, mais le marché encore balbutiant ».
Le journal remarque par ailleurs : « Quand l’ordinateur inquiète les médecins », relevant que « les longues années d’études médicales pourraient se révéler inutiles face aux progrès rapides de l’informatique, estiment certains professionnels de santé ».
Un médecin déclare ainsi que « les médecins sont un peu circonspects face à l’approche des géants de l’Internet comme Google qui semblent chercher à les court-circuiter, pour soigner les gens avec des approches disruptives et par des techniques d’intelligence artificielle ».
Le Figaro s’interroge : « Les longues années d’études médicales vont-elles se révéler inutiles face aux progrès rapides de l’informatique ? C’est ce qu’annonce le très polémique Dr Laurent Alexandre, président de l’entreprise DNAvision dans la revue What’s up Doc : «Le médecin sera l’infirmière de 2030 : subordonné à l’algorithme, comme l’infirmière l’est aujourd’hui au médecin» ».rose_3Le Dr Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins, remarque que « de tels propos quelque peu inquiétants, de même que l’intitulé du livre du Pr Guy Vallancien, La médecine sans médecin?, ne font rien pour aider les médecins à voir d’un bon œil l’intérêt des logiciels d’aide à la décision ».
De son côté, Philippe Cinquin, médecin et mathématicien, directeur d’une unité de recherche sur les applications de l’informatique à la médecine à Grenoble (CNRS Université Joseph Fourier), souligne que « l’intelligence artificielle ne cherche pas à remplacer l’expertise clinique d’un médecin. On n’en est pas là, même si on a pu penser un moment dans les années 1980 que les systèmes experts allaient être capables de faire des diagnostics et de proposer des traitements tout seuls ».
Le Figaro rappelle en outre que « d’autres acteurs commercialisent déjà des logiciels pour aider les professionnels de santé à donner à leurs patients les meilleurs traitements possibles ». Le Dr Thierry Mitouard, conseiller médical chez Maincare Solutions, indique ainsi que « les systèmes d’aide à la décision que nous avons vendus à cinq CHU en France servent tous les jours à des internes qui veulent savoir, une fois le diagnostic posé, quelle est la meilleure stratégie thérapeutique pour leur patient ».
Le journal précise que « ce type de logiciel toutefois ne fait pas appel à l’intelligence artificielle. Il s’appuie sur des bases de données des recommandations de «bonnes pratiques» établies par des spécialistes et des organismes comme la Haute Autorité de santé (HAS) en France. Mais comme le remarquait un rapport de 2011 de cette même HAS, même ces systèmes d’aide à la décision médicale peinent à s’imposer en France ».
« En revanche, les médecins ne s’en sont peut-être pas inquiétés, mais l’aide des logiciels s’est déjà rendue indispensable dans le domaine toujours plus complexe de l’imagerie médicale »
, poursuit le quotidien. Philippe Cinquin relève ainsi que « les systèmes comme les IRM ou les scanners intègrent aujourd’hui des logiciels d’analyse des images qui permettent de bien mettre en valeur les points importants et de quantifier des paramètres précis ».
Le Figaro ajoute que « dans les robots chirurgicaux, les logiciels permettent d’améliorer la précision des gestes du chirurgien », Philippe Cinquin concluant : « La question n’est pas de savoir si l’informatique va remplacer les médecins, mais de voir comment cela peut aider à améliorer la qualité de leurs actes ».

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