Actu.médicalesDiabétologie

Que choisir dans l’avenir en cas d’insuffisance de la metformine : iSGLT2 ou iDPP4 ?

Certes, la question ne se pose pas aujourd’hui puisque, contrairement au Maroc, la France ne dispose pas encore des iSGLT2. Il est toutefois probable que cette situation regrettable se corrigera rapidement. L’objectif de cette métaanalyse était de comparer l’efficacité et les effets secondaires de ces 2 classes médicamenteuses en ajout de la metformine lorsque cette dernière ne permet pas de parvenir aux objectifs.

Ce travail se fonde sur l’analyse de 7 essais randomisés comparant un iSGLT2 à un iDPP4 comme traitement complémentaire de la metformine chez des patients diabétiques de type 2. Un regroupement a été réalisé entre les études rapportant les résultats sur l’HbA1c entre, d’une part, 12 et 26 semaines et, d’autre part, celles comportant des données à 52 semaines et plus. À 26 semaines, la diminution moyenne de l’HbA1c était de 0,80 % avec les iSGLT2 versus 0,74 % avec les iDPP4 alors qu’à 52 semaines ces chiffres étaient de 0,66 % avec les iSGLT2 et de 0,54 % avec les iDPP4.
Cette réduction de l’HbA1c était statistiquement significative dans les études de 52 semaines et plus, en faveur des iSGLT2 à la dose maximale par rapport aux iDPP4 (HR : – 0,11 % ; IC95% : -0,20 à 0,03). En revanche, aucune différence significative n’a été notée dans les études de moins de 26 semaines (HR : – 0,05 % ; IC95% : -0,16 à 0,05). En prenant en compte l’HbA1c initiale, les résultats étaient meilleurs avec les iDPP4 pour une HbA1c inférieure à 8,5 %, mais s’inscrivaient en faveur des iSGLT2 pour une HbA1c supérieure ou égale à 8,5 %. Les niveaux de la glycémie à jeun n’ont pas été rapportés dans toutes les études mais les résultats étaient en faveur des iSGLT2. Comme cela était attendu, les iSGLT-2 ont entraîné une perte de poids significativement plus importante que les iDPP4 à 26 et à 52 semaines (HR : – 2,31 kg ; IC95% : -2,66 à -1,96) et (HR : – 2,45 kg ; IC95% : -2,83 à -2,07) respectivement. Une réduction de la pression artérielle systolique a été observée avec les iSGLT2 (-2,54 mmHg) significativement plus importante qu’avec les iDPP4 (-1,33 mmHg). Comme cela était également attendu, les patients traités avec les iSGLT2 ont plus souvent présenté une infection génitale que les iDPP4. Ces deux classes médicamenteuses, iSGLT2 et iDPP4, améliorent donc le niveau de l’HbA1c. Cependant, les iSGLT2 semblent plus efficaces à 1 an et permettent une perte de poids significative au prix d’une majoration des infections génitales sous réserve de leur prescription à la dose maximale recommandée, en l’absence de contre-indication.

Cette métaanalyse doit cependant être interprétée avec prudence en raison du faible nombre d’études comparant iDPP4 et iSGLT2 ainsi que de leur caractère hétérogène. Toutefois, ces résultats ne remettent pas en cause la possibilité de prescrire un sulfamide hypoglycémiant chez des patients robustes à faible risque hypoglycémique, notamment dans les pays émergents où la prise en compte des contraintes économiques est particulièrement importante. Les récentes prises de position de l’ADA et de l’EASD privilégiant les molécules ayant fait la preuve de leur efficacité sur le plan de la protection cardiovasculaire ou rénale apportent un élément de plus pour le choix d’une classe médicamenteuse en complément de la metformine. Souhaitons que la France soit rapidement confrontée à cette perspective par la mise à disposition des iSGLT2.


Comparaison de l’efficacité sur le niveau de l’HbA1c des 2 classes médicamenteuses à 26 et 52 semaines.


Comparaison de l’efficacité sur la perte de poids des 2 classes médicamenteuses à 26 et 52 semaines.

Bouton retour en haut de la page
X