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Risque cardiovasculaire sous insuline versus analogue du GLP-1 après bithérapie orale

Pour vous faire patienter avant les résultats très attendus de l’étude prospective LEADER qui seront présentés au congrès de l’ADA la semaine prochaine, voici ceux d’une étude anglaise rétrospective menée par une équipe de Nottingham afin de comparer l’impact des analogues du GLP-1 vs insuline sur le risque d’événements cardiovasculaires chez des diabétiques de type 2 (DT2) traités jusque là par metformine et sulfamides.

Les données ont été recueillies à partir d’un registre de soins primaires (Health Improvement Network Database) qui a permis d’inclure dans l’analyse 2003 patients DT2 entre 2006 et 2014 (met+SU+insuline, n=1584 vs met+SU+GLP-1, n=419 ; femmes 50,2%, âge moyen 52 ans, IMC 30,1 kg/m2, HbA1c 9,7%).
Les deux groupes présentaient des différences à l’inclusion, en raison du caractère rétrospectif de l’étude. Le suivi moyen était de 5 ans (soit 6614 patients-année), avec une médiane de 3,7 années. Le taux d’événements cardio-vasculaires majeurs ou MACE (IDM non fatal, AVC non fatal, mortalité de toute cause) a été comparé dans les deux groupes de patients.
De manière globale, ce taux était très significativement plus important dans le groupe traité par insuline (n=231, soit 44,5 pour 1000 patients-année) que dans le groupe traité par analogue du GLP1 (n=11, soit 7,7 pour 1000 patients année) (p<0,0001), alors que la réduction de l’HbA1c était comparable dans les deux groupes (-1,29 vs -0,98 ; p=0,156).
Lorsque les composantes du critère primaire étaient considérées séparément, seule la mortalité globale était significativement réduite sous analogue du GLP-1 vs insuline ; la survenue d’un IDM ou d’un AVC était également moins fréquente sous analogue du GLP-1 que sous insuline, mais le seuil de signification statistique n’était pas atteint.

Teenage girl with syringe in hand injecting insulin

On rappellera que dans cette étude rétrospective, les patients des deux groupes n’étaient pas appariés et présentaient donc des différences cliniques susceptibles d’avoir influencé les résultats (poids plus élevé dans le groupe GLP1, plus d’anciens fumeurs et de traitement par aspirine dans le groupe insuline…).
En conséquence, une sous-étude a été réalisée permettant de comparer 419 patients dans chaque groupe appariés pour les principales caractéristiques cliniques : elle a permis de confirmer les résultats de l’étude princeps concernant la mortalité.

Comment expliquer de tels résultats ? Y a-t-il un effet délétère de l‘insuline sur le plan cardiovasculaire ? Les résultats de l’étude ORIGIN avaient en leur temps apporté une réponse négative à cette question pour la glargine ; on ne connait pas les types d’insuline utilisées dans cette étude. L’autre hypothèse est celle d’un bénéfice des analogues du GLP-1 sur la mortalité via certains de leurs effets favorables (perte de poids, baisse de la pression artérielle, absence d’hypoglycémie). L’impact sur le risque d’IDM et d’AVC pourrait devenir significatif avec un effectif plus important et une durée exposition plus longue. Des réponses seront sans doute apportées dans quelques jours par l’étude LEADER avec le liraglutide.

Article commenté :
Cardiovascular events and all-cause mortality with insulin versus glucagon-like peptide-1 analogue in type 2 diabetes.
Anyanwagu U, Mamza J, Mehta R et al.
Heart. 2016 May 23. doi: 10.1136/heartjnl-2015-309164.

Retrouvez l’abstract en ligne

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